Le Premier ministre libanais Saad Hariri démissionne

Saad Hariri ©REUTERS

Alors que son pays traverse depuis deux semaines une vague de contestation sans précédent, le Premier ministre du Liban Saad Hariri a annoncé ce mardi la démission de son gouvernement.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé ce mardi qu'il allait présenter la démission de son gouvernement, au 13e jour d'une contestation populaire inédite réclamant la chute du régime. "Je me rends au Palais de Baabda pour présenter la démission du gouvernement au président de la République" Michel Aoun, a déclaré Hariri lors d'une brève allocution télévisée, accueillie par les vivats de la foule qui l'écoutait en direct sur les lieux de rassemblement.

Se disant "dans une impasse", le chef du gouvernement issu de la communauté sunnite a appelé les Libanais à "préserver la paix civile" au cours de cette brève allocution prononcée devant un portrait de son père, l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, tué dans un attentat à la bombe en 2005.

Le Liban traverse une crise politique profonde marquée par la multiplication des manifestations de défiance à l'encontre d'une classe politique accusée de corruption, de mauvaise gestion des finances publiques et qui est jugée responsable de la pire crise économique depuis la guerre civile des années 1975-1990.

La détérioration de la situation économique libanaise a conduit S&P à placer la note de crédit de la dette souveraine du pays sous surveillance négative.

Fait rare, les manifestants visent l'ensemble des dirigeants politiques, quelle que soit leur confession, en les accusant de corruption et d'avoir pillé le pays où plus du quart de la population vit sous le seuil de pauvreté et qui affiche une dette publique représentant 150% de son produit intérieur brut (PIB). La détérioration de la situation économique libanaise a conduit S&P à placer la note de crédit de la dette souveraine du pays sous surveillance négative.

Le chef du puissant mouvement Hezbollah, Hassan Nasrallah, a mis en garde vendredi contre une nouvelle guerre civile au Liban, appelant ses partisans à ne pas prendre part aux rassemblements. Soutenus par des membres du mouvement chiite Amal, certains d'entre eux ont affronté ce mardi des manifestants qui bloquaient certains axes de Beyrouth, détruisant les tentes qu'ils avaient montées et exhortant la police à les déloger. Selon des témoins, plusieurs incendies attribués aux membres d'Amal et du Hezbollah ont été signalés autour des points de rassemblements tenus par les manifestants.

La démission de Saad Hariri va à l'encontre des préconisations du Hezbollah, membre de sa coalition gouvernementale. Le Premier ministre a annoncé la semaine dernière une série de mesures destinées à calmer la colère des manifestants, notamment en s'attaquant à la corruption et en proposant de mettre en oeuvre des réformes économiques longtemps repoussées. Certains de ses alliés l'accusent d'avoir pris fait et cause pour les contestataires et d'avoir empêché les forces de sécurité d'intervenir dans les rues.

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