Le premier réacteur japonais relancé mais critiqué

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Ce matin, un premier réacteur nucléaire a été relancé au Japon, plus de quatre ans après l'accident de Fukushima qui avait entraîné l'arrêt de toutes les centrales du pays. Environ 200 personnes protestaient devant les portes de la centrale, la majorité des Japonais étant, si pas hostiles, sceptiques face à ce redémarrage.

C'est au cri de "saikado hantai" ("contre le redémarrage") que quelque 200 personnes ont protesté ce matin devant les portes de la centrale de Sendai. Dès 10h30, l'heure prévue, son réacteur n°1 a été redémarré.
Dès ce soir, le coeur devrait entrer en réaction en chaîne auto-entretenue et commencera vendredi à générer de l'électricité qui, selon la compagnie électrique, sera exploitée commercialement à partir de début septembre.

Les employés de Kyushu Electric Power redemarrent les opérations à l'intérieur de la salle de contrôle. ©REUTERS

Voulue par le gouvernement conservateur, cette reprise du nucléaire est d'abord motivée par des raisons économiques (coût de l'énergie importée). Mais face à cette décision,  une majorité de la population s'interroge sur la pertinence de ce redémarrage qualifié "d'erreur" par Naoto Kan, Premier ministre au moment de l'accident de Fukushima et devenu depuis un des plus virulents militants antinucléaires.

Ce soir, une  nouvelle manifestation est prévue devant la résidence du Premier ministre à Tokyo. "L'accident de Fukushima n'est toujours pas résolu et toutes les causes ne sont pas même élucidées, alors pourquoi relance-t-on aujourd'hui un réacteur ?", s'agaçait devant les caméras une habitante de la préfecture de Fukushima venue spécialement à Sendai.

• Plus apte face à une catastrophe

Le réacteur en question, initialement entré en service en 1984, avait été éteint en mai 2011 pour son 21e cycle de maintenance régulière, respectant alors le calendrier habituel qui prévoit 3 à 4 mois d'arrêt de routine après 12 à 13 mois de fonctionnement. Il n'a toutefois pas pu être réactivé depuis en raison de la décision des autorités d'instaurer des normes de sûreté plus sévères à l'aune du désastre de Fukushima dont l'ampleur a dépassé toutes les dispositions techniques de sûreté.

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Il s'agit du premier réacteur remis en service en conformité avec la nouvelle réglementation entrée en vigueur en juillet 2013 afin de rendre les centrales nucléaires plus aptes à faire face à une catastrophe naturelle, un attentat terroriste ou un crash d'avion.

 

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