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Les Affaires étrangères recensent encore 442 Belges et ayants droit en Afghanistan

L'opération Red Kite, orchestrée par la Défense belge, a permis d'évacuer, en six jours, 1.400 personnes. Craignant la menace d'un attentat, les troupes belges avaient quitté le territoire le 25 août, six jours avant la date butoir du 31 août. ©AFP

Selon la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, 442 personnes ayant un lien avec la Belgique sont encore bloquées en Afghanistan. Ces chiffres ne sont pas définitifs.

Les Affaires étrangères recensent encore 442 Belges et ayants droit de la Belgique qui se trouvent en Afghanistan, a indiqué mardi la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, en commission de la Chambre.

Deux tiers d'entre eux se sont manifestés après l'opération d'évacuation menée au mois d'août. Parmi ces personnes, 238 sont belges ou membres de la famille nucléaire d'un Belge, 45 ont travaillé pour la Belgique, 63 entrent en ligne de compte parce qu'elles ont, par exemple, œuvré pour la défense des droits humains dans ce pays, et 96 ont une autorisation de séjour en Belgique.

Il ne s'agit pas de chiffres définitifs, a assuré la ministre, car une série de gens sont injoignables – certains ont peut-être quitté l'Afghanistan et rejoint la Belgique sans en avertir les autorités, d'autres ne veulent pas rentrer en laissant derrière eux une partie de la famille et essaient de régler la situation administrative de celle-ci, et d'autres encore tentent d'obtenir un visa.

Une liste tenue secrète

On compte, par ailleurs, 126 personnes se trouvant au Pakistan, qui finalisent leur situation administrative avant de pouvoir rentrer en Belgique.

La Belgique n'a pas transmis de liste de personnes susceptibles d'être rapatriées aux talibans et ne compte pas le faire.

Comme d'autres ressortissants étrangers, 45 Belges et membres de leur famille nucléaire ont pu rentrer via l'un des vols affrétés par le Qatar en septembre et un en août.

Un Belge blessé à Kaboul, alors que les opérations internationales d'évacuation étaient en cours, s'y trouve toujours en compagnie de sa famille et bénéficie d'un suivi médical. Un autre blessé a pu poursuivre son voyage et rentrer en Belgique. 

La Belgique n'a pas transmis de liste de personnes susceptibles d'être rapatriées aux talibans et ne compte pas le faire. "Ce n'est pas comme ça que l'on fonctionne", a souligné Mme Wilmès.

Un projet de plateforme européenne

La Belgique reste en contact avec ses partenaires européens. Le rétablissement de vols commerciaux avec l'Afghanistan devrait permettre de favoriser le retour de Belges et ayants droit... mais aussi de nouveaux départs vers ce pays malgré les avis de voyage négatifs.

L'établissement de relations avec le nouveau pouvoir islamiste est toujours en discussion à l'échelle internationale. Un projet de création de plateforme européenne avec d'autres pays de la région est en cours.

L'établissement de relations avec le nouveau pouvoir islamiste est toujours en discussion à l'échelle internationale. Il dépendra de toute une série de conditions permettant d'évaluer de possibles relations politiques et leur niveau: situation des droits humains, représentativité du nouveau gouvernement, présence de groupes terroristes, accès de l'aide humanitaire, etc.

Un projet de création de plateforme européenne avec d'autres pays de la région est en cours. Il était question d'organiser une réunion dans ce sens à New York, en marge de l'assemblée générale des Nations unies, mais elle n'a finalement pas eu lieu.

Collaborer avec les autres pays

Les discussions internationales qui ont eu lieu à Doha associant les talibans, notamment avec les Américains, ont donné au Qatar une importance particulière dans les relations des pays occidentaux avec le régime islamiste. "Est-ce que ça fait du Qatar le partenaire privilégié pour discuter avec les talibans? Je n'aurais pas comme approche de limiter les points d'entrée", a expliqué la ministre.

"L'erreur serait de croire que l'Union européenne va travailler de manière isolée."
Sophie Wilmès
Ministre des Affaires étrangères

Il faudra tenir compte d'autres pays, notamment de la Chine qui partage une frontière avec l'Afghanistan.

"L'Afghanistan est entouré de différents pays, dont le Pakistan qui nous a beaucoup aidés dans l'évacuation. Il y a aussi la Chine, avec qui on ne partage pas tous nos objectifs politiques. C'est un pays important dans la région avec lequel il faudra prendre langue pour évaluer comment la situation doit être gérée. L'erreur serait de croire que l'Union européenne va travailler de manière isolée. Il faudra beaucoup de coordination", a encore dit Mme Wilmès.

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