Les élections à Hong Kong reportées d'un an

Carrie Lam, cheffe de l'exécutif local. ©REUTERS

L'opposition pro-démocratie hongkongaise dénonce une instrumentalisation de la pandémie par Pékin.

La mouvance prodémocratie à Hong Kong a encaissé vendredi une nouvelle gifle avec le report d'un an des législatives pour cause de coronavirus, au terme d'un mois marqué par la disqualification de leurs candidats, des arrestations d'étudiants et le départ en exil de figures de l'opposition.

La cheffe de l'exécutif local Carrie Lam, qui est nommée par Pékin, a annoncé vendredi le report des élections qui devaient permettre en septembre de renouveler le Conseil législatif. Elle a parlé de "la décision la plus difficile" à prendre depuis l'arrivée en janvier de la pandémie dans la ville – qui connait depuis le début du mois une nette recrudescence de cas.

Pékin a immédiatement exprimé vendredi son soutien au report. "Ceci est nécessaire, raisonnable et légal", a déclaré le Bureau des affaires de Hong Kong et Macao. "Le gouvernement central comprend totalement cette décision et la soutient".

Pandémie instrumentalisée

Cette décision a avivé la colère du camp prodémocratie, qui avait enjoint Carrie Lam de ne pas instrumentaliser la pandémie pour se protéger d'une déroute dans les urnes.

"C'est une décision politique dont le but est d'empêcher une victoire des démocrates à l'élection."
Claudia Mo
Parlementaire de l'opposition

"C'est une décision politique sournoise et méprisable, dont le but est d'empêcher une victoire des démocrates à l'élection telle qu'elle était prévue initialement", a déclaré Claudia Mo, parlementaire siégeant dans l'opposition.

Jeudi, les autorités avaient annoncé l'invalidation de la candidature de 12 militants prodémocratie à ces élections. "C'est sans aucun doute la période de fraude électorale la plus scandaleuse de l'histoire de Hong Kong", a réagi Joshua Wong, qui avait été le visage du "Mouvement des parapluies" en 2014.

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