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Les manifestations se poursuivent en Birmanie: l'ONU réclame des sanctions contre les militaires

Les citoyens birmans ne décolèrent pas malgré les différentes dispositions prises par les forces de l'ordre ©EPA

Ce vendredi, le Haut-Commissariat de l’ONU a demandé à ce que les responsables du putsch militaire en Birmanie soient sanctionnés.

La tension est palpable en Birmanie et la communauté internationale s’en inquiète. Ce vendredi, Michelle Bachelet a réclamé des sanctions ciblées contre les responsables du putsch militaire organisé en Birmanie.

Lors d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme (CDH) sur la Birmanie convoquée par les Européens, la Haute-Commissaire adjointe, Nada al-Nashif, a demandé à ce que des sanctions soient prises par la communauté internationale et à ce que ces dernières soient "ciblées": "les dirigeants de ce coup d'État constituent un objectif approprié pour de telles actions."

Michelle Bachelet, la Haute-Commissaire de l'ONU appelle à des sanctions fortes et ciblées ©REUTERS

"Il est d'une importance capitale qu'aucun préjudice ne soit infligé aux personnes les plus vulnérables du pays; et que l'aide à la lutte contre la pandémie puisse se poursuivre, tout comme l'aide humanitaire dans les zones de conflit" du pays, a-t-elle insisté.

Pour rappel, mardi, la police a tiré sur des manifestants, faisant plusieurs blessés, dont une jeune femme dans un état critique. En outre, pas moins de 250 personnes ont été placées en détention depuis le coup d’État, comme le rapporte une ONG d’aide aux prisonniers politiques. Parmi elles, des responsables locaux, des députés, des membres de la commission électorale et des activistes.

Le 8 février dernier, la loi martiale avait également été décrétée dans plusieurs quartiers de Mandalay, interdisant les rassemblements et les protestations de plus de cinq personnes. Un couvre-feu avait également été instauré entre 20h et 4h.

250
personnes
Quelque 250 personnes ont été placées en détention depuis le coup d'État

Les pays doivent se prononcer ce vendredi sur un projet de résolution, proposé par l'Union européenne et Londres. Ce projet condamne le putsch militaire en Birmanie, demande la libération d'Aung San Suu Kyi,  mais aussi le rétablissement du gouvernement civil.

Vers un consensus?

Le projet de résolution demande au rapporteur spécial de l'ONU de se rendre sur place en urgence et d’évaluer la situation. Il y a toutefois peu de chance que la Birmanie, peu coopérative avec l'ONU, accepte une telle venue.

"Il est d'une importance capitale qu'aucun préjudice ne soit infligé aux personnes les plus vulnérables du pays."
Nada al-Nashif
Haute-Commissaire adjointe de l'ONU

À Genève, certains diplomates espèrent que la résolution puisse être adoptée par consensus, mais rien n'est sûr. Le Royaume-Uni et l'Union européenne ont aussi brandi la menace de sanctions.

De multiples manifestations se sont déroulées ce vendredi dans plusieurs villes du pays ©AFP

Washington a aussi annoncé qu’elle allait bloquer les actifs et les transactions américaines liés aux responsables ou anciens militaires impliqués dans le putsch, dont Min Aung Hlain. Trois sociétés, détenues ou contrôlées par l'armée dans le secteur très lucratif des pierres précieuses, sont également ciblées par l'administration américaine qui a fait planer la possibilité de mesures coercitives supplémentaires.

Les manifestations se poursuivent

Les citoyens ne décolèrent pas malgré les différentes dispositions prises par les forces de l’ordre. Bravant l'interdiction de rassemblements, les contestataires étaient de nouveau très nombreux à défiler ce vendredi.

Vendredi, de nombreux manifestants ont bravé les mesures anti-rassemblements. ©AFP

À Rangoun, la capitale économique, une foule rassemblant médecins, joueurs de foot, étudiants et salariés du privé défilait sur une des grandes artères de la ville.

Des contestataires arboraient sur leur t-shirt un ruban rouge aux couleurs de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, d'autres brandissaient des portraits de l'ex-dirigeante de 75 ans, détenue depuis 12 jours.

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