reportage

Les partenariats, le sésame des entreprises belges en Chine

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Une quarantaine d’accords associant sociétés belges et partenaires chinois ont été signés à Pékin. Une belle moisson, notamment pour les entreprises wallonnes de biotechnologie.

Des contrats de distribution ou de vente, de l’échange d’expertise ou de simples protocoles d’entente qu’il faudra encore concrétiser: ce sont pas moins de 43 accords qui ont été signés ce lundi à Pékin dès le début de la mission princière en Chine. Une petite minute tout au plus pour chaque paraphe afin d’éviter que la cérémonie ne devienne interminable. Et ce n’est pas terminé: une deuxième volée de contrats doit encore être dévoilée ce mercredi à Shanghai, lors de la seconde partie de la mission emmenée par la princesse Astrid et cinq ministres régionaux et fédéraux.

Chaque fois, une constante: la conclusion d’un partenariat avec un acteur local. "Une trentaine de ces accords, sur les septante environ qui doivent être signés, concernent des entreprises ou des institutions wallonnes", a souligné Pascale Delcomminette, l’administratrice générale de l’Awex, l’Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers. "Même si certains de ces accords sont l’aboutissement de négociations lancées de longue date ou bien qui ont été accélérés, ils montrent l’importance accordée à cette mission économique."

Traitement de surface haut de gamme pour John Cockerill

John Cockerill, a officialisé un partenariat stratégique avec un spécialiste chinois du coating, Tempro.

Côté wallon, l’un des poids lourds participant au déplacement, John Cockerill, a officialisé un partenariat stratégique avec un spécialiste chinois du coating, Tempro. Les deux entreprises ont créé une société commune pour fournir des usines de traitement de surface automatisées clé en main au marché aéronautique chinois. Si l’ex-CMI est réputé pour ses activités dans l’énergie, les transports ferroviaires et la défense, il possède également un savoir-faire technologique dans les traitements de surface, grâce à ses sites de Galvatek en Finlande et de CMI Sleti en France. Des compétences déjà utilisées dans l’aéronautique civile et militaire, y compris chez les motoristes. John Cockerill a bien intégré le fait que 40% des nouveaux avions à construire dans les prochaines années seront livrés dans la région Asie-Pacifique (Apac), dont une bonne partie en Chine, où les deux géants Boeing et Airbus renforcent régulièrement leur empreinte industrielle. Le groupe liégeois estime que cette joint venture chinoise pourra également s’adresser à d’autres marchés, comme les industries de l’automobile, du luxe et de l’aluminium.

Toujours dans le secteur aérospatial, l’Université de Liège a signé un protocole d’accord qui officialise et renforce sa collaboration avec le Beijing Institute of Space Mechanics and Electricity (Bisme). Un document qui va permettre au Centre spatial de Liège (CSL) de proposer son expertise en matière de tests d’engins spatiaux au bénéfice de satellites chinois de détection et d’observation d’exoplanètes, qui seront donc évalués sur le site du Sart-Tilman.

Les microbiotiques de Vésale

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Dans le domaine de la pharmacie et des biotechnologies, Vésale Pharma, la société wallonne spécialisée dans le développement de solutions microbiotiques, a signé un contrat de distribution avec le groupe chinois Honz Pharma. Ce groupe, coté en Bourse de Shenzhen, compte 1.000 agents et plus de 30.000 points de vente, principalement dans les régions de Hainan, Pékin, Hebei et Shenyang. "Ce contrat représente un premier montant de près de deux millions d’euros sur trois ans", s’est réjoui le CEO de l’entreprise, Jehan Liénart. Conclu pour une période de 15 ans, ce contrat est considéré comme l’un des plus prometteurs pour Vésale, d’autant qu’il a déjà été étendu à Hong Kong et à Macao. Un premier lot de 120.000 boîtes sera mis en vente sur le marché chinois dès le premier trimestre 2020.

Trois autres sociétés wallonnes actives dans le secteur de la santé ou de l’hygiène voient également s’ouvrir les portes du marché chinois. Trasis, qui fabrique des automates dans le domaine de la médecine nucléaire, a signé la vente de sa trentième machine en Chine avec le Xiangya Hospital of Central South University. Les produits phares de cette entreprise située à Ans sont des synthétiseurs appelés "All In One", des appareils conjuguant plusieurs fonctionnalités pour produire des molécules de synthèse et créer un radio-traceur. Consacrée start-up de l’année en 2017, Trasis a vu son chiffre d’affaires passer de 12 à 18 millions d’euros et compte aujourd’hui près d’une centaine d’employés, le double d’il y trois ans.

Eaux usées pour Realco

De son côté, Realco, l’entreprise de Louvain-la-Neuve spécialisée dans les enzymes de nettoyage, a noué un partenariat avec un acteur local pour la distribution de produits chimiques enzymatiques de haute qualité pour le traitement des eaux usées en Chine. Les premiers produits de Realco ont déjà été expédiés via le tout nouveau service de train direct reliant Liège à Zhengzhou, dans le centre de la Chine.

Quant à Syngulon, une start-up carolo de biologie synthétique, elle a également trouvé un partenaire chinois pour ses produits en signant avec Eppen, un leader chinois des solutions de nutrition et de santé, qui possède des capacités de production mondiales et un réseau de vente international. Syngulon développe des technologies originales utilisant des bactériocines, des peptides antimicrobiens produits par des bactéries et qui tuent d’autres bactéries. La jeune biotech a mis au point la plus grande collection de bactériocines au monde. Une technologie qui pourrait avoir un débouché comme solution de remplacement des antibiotiques, qui vont être interdits dans l’alimentation animale en Chine en 2020.

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