Moon Jae-in, nouveau président sud coréen

Moon Jae-in et son épouse ©REUTERS

Selon les derniers sondages à la sortie des urnes, Moon Jae-in, le favori des 15 candidats, devrait remporter les élections présdentielles en Corée du Sud.

Le candidat du Parti démocrate sud-coréen (Minjoo, centre gauche) Moon Jae-in, devrait remporter largement l'élection présidentielle en Corée du Sud. Les sondages de sortie des urnes.

"Je ressens l'aspiration, très forte au sein du peuple, à un changement de gouvernement", a déclaré M. Moon, 64 ans, après avoir voté dans l'ouest de Séoul.

Moon, un avocat et défenseur des droits de l'homme âgé de 64 ans, a obtenu 41,4% des voix. Il bat facilement son plus proche rival, le conservateur Hon Joon-pyo, crédité de 23,3% des voix, et le centriste Ahn Cheol-Soo (21,8%), selon ces sondages effectués conjointement par les trois principaux réseaux télévisés du pays.

Ahn Cheol-Soo, candidat centriste ©AFP
Hong Joon-pyo, candidat conservateur ©EPA

Le scrutin se déroule en un seul tour et l'investiture du nouveau chef de l'Etat est prévue dès mercredi. Agé de 64 ans, Moon succédera à Park Geun-hye, dont la destitution pour abus de pouvoir et corruption a ébranlé le système politique et économique du pays. Il prône une politique d'apaisement avec la Corée du Nord.

Quinze candidats se présentaient dans un pays mis à mal par le scandale de corruption qui a coûté son poste à l'ex-présidente Park Geun-Hye. De nombreux électeurs en ont donc profité pour dire leur colère, non seulement de la corruption d'une partie des élites, mais aussi de la vie chère et de l'augmentation du chômage.

La participation à ce scrutin s'annonçait très forte. Une heure avant la fermeture des bureaux de vote à 20h00 (11h00 GMT), 75,1% des électeurs s'étaient prononcés, soit à peine un peu moins que le taux de participation définitif d'il y a cinq ans.

Kul Sun-Chul, 59 ans, a expliqué avoir voté pour Moon Jae-in car "ce pays a besoin de rétablir la démocratie qui a été tant laminée par le gouvernement Park".

Que prône Moon?

©REUTERS

La campagne s'est largement focalisée sur l'économie, la Corée du Nord passant à l'arrière plan. Mais après près de 10 ans de règne conservateur, la victoire de Moon pourrait signifier un changement considérable de politique vis-à-vis de Pyongyang, mais aussi de l'allié et protecteur américain.

Moon a en effet promis de tout changer et de mettre fin à ce système politico-économique hérité de l’époque de Park Chung-hee.

-> Il s'engage à créer 1,3 million d’emplois dans le public et le privé
-> Il veut réduire la puissance des chaebols (réseau d'entreprises aux participations croisées).
-> Il est favorable à une reprise en main de la diplomatie et souligne la nécessité de discuter avec Pyongyang, en rupture avec la politique de fermeté des présidents conservateurs Lee Myung-bak (2008-2013) et Park Geun-hye.

Et la jeunesse?

©REUTERS

Les Coréen restent avec beaucoup de questions, sociétales notamment, sans réponse. Outre les problèmes d’emploi, beaucoup de jeunes qui furent à la pointe du mouvement contre Park se disent déçus des candidats sur la lutte contre les discriminations dont souffrent ceux en échec scolaire, les homosexuels ou encore les femmes dans une société imprégnée de confucianisme.

Une déception qui traduit la crise générationnelle qui agite la Corée du Sud, car, explique dans le quotidien Chosun, Hyun Taek-soo, de l’Institut coréen des affaires sociales, les jeunes "ont grandi avec la mondialisation. Parfois, ils se sentent mieux aux Etats-Unis ou en Europe". Or les candidats à la présidentielle ont préféré draguer l’électorat vieillissant, plus enclin à aller voter.

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