Pour le Pakistan, la coalition perd la guerre en Afghanistan

Le président pakistanais Asif Ali Zardari a averti mardi que la coalition était "en train de perdre la guerre" en Afghanistan et a rejeté les critiques du Premier ministre britannique David Cameron sur un double jeu d'Islamabad avec les talibans.

"La communauté internationale, à laquelle appartient le Pakistan, est en train de perdre la guerre contre les talibans. Et ce, avant tout, parce que nous avons perdu la bataille de la conquête des coeurs et des esprits", a déclaré au quotidien français Le Monde M. Zardari qui a achevé mardi une visite en France et est arrivé dans la soirée en Grande-Bretagne.
Le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a réagi en disant "ne pas penser que le président (Obama) soit d'accord avec les conclusions du président Zardari selon lesquelles la guerre est perdue", au cours de son point de presse quotidien.

Estimant cependant que "la communauté internationale n’acceptera jamais de voir les talibans diriger à nouveau" l'Afghanistan, le chef de l'Etat pakistanais juge que les rebelles "n’ont aucune chance de reprendre le pouvoir" même si "leur emprise progresse".
Alors que des documents confidentiels de l'armée américaine, diffusés par le site internet Wikileaks, font état de liens entre le Pakistan et les talibans, M. Zardari juge "absurde" l'idée d'un double jeu de son pays.

Le président pakistanais a maintenu sa visite de cinq jours en Grande-Bretagne malgré les tensions créées par les propos du Premier ministre britannique David Cameron qui a accusé le Pakistan d'exporter le terrorisme.
"Je lui dirai en face que la guerre contre le terrorisme devrait nous réunir et non nous opposer. Je lui expliquerai (...) que c’est mon pays qui paye le prix le plus élevé de cette guerre en vies humaines", a indiqué M. Zardari au Monde.
M. Zardari doit rencontrer David Cameron vendredi dans sa résidence de Chequers.

En visite la semaine dernière en Inde, pays voisin et rival du Pakistan, M. Cameron avait déclaré: "nous ne pouvons tolérer en aucun cas l'idée que ce pays (le Pakistan) soit autorisé à regarder des deux côtés et puisse, de quelque manière que ce soit, promouvoir l'exportation de la terreur en Inde ou en Afghanistan ou n'importe où ailleurs dans le monde".
Le chef du gouvernement britannique a maintenu sa position en déclarant mardi sur les ondes d'une radio de la BBC, quelques heures avant l'arrivée à Londres du chef de l'Etat pakistanais, "ne pas regretter" d'avoir accusé le Pakistan d'exporter le terrorisme. Le Premier ministre a précisé avoir donné "une réponse très claire et franche" à une question qui lui avait été posée en Inde.

La visite d'une semaine en Europe du dirigeant a aussi provoqué de la colère au Pakistan au moment où 3,5 millions de personnes sont touchées par des inondations sans précédent.
Deux parlementaires britanniques d'origine pakistanaise ont ainsi refusé l'invitation de M. Zardari à un déjeuner jeudi estimant que le chef de l'Etat devrait rentrer au Pakistan.

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