Poutine décide de ne pas expulser les diplomates américains finalement

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Après l'annonce de l'expulsion de 35 diplomates russes par Barack Obama suite au piratages des élections américaines, le ministre russe des affaires étrangères avait proposé une sanction similaire pour 35 diplomates américains. Mais Poutine en a décidé autrement.

La Russie "ne va expulser personne" en réponse aux sanctions américaines, a annoncé Vladimir Poutine, contredisant son ministre des Affaires étrangères. Le chef de l'Etat a toutefois ajouté qu'il se réservait le droit d'agir en "prenant des mesures de rétorsion" en fonction de l'attitude de la nouvelle administration Trump, à partir du 20 janvier donc.

Il y a quelques heures, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait proposé d'expulser 35 diplomates américains en réponse aux sanctions décidées par Washington qui l'accuse d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine.

Le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov ©EPA

"Le ministère des Affaires étrangères (...) a proposé au président russe de déclarer persona non grata 31 diplomates de l'ambassade des Etats-Unis à Moscou et quatre diplomates du Consulat général américain à Saint-Pétersbourg", a indiqué Lavrov lors d'une intervention télévisée.

Il avait également proposé d'interdire aux diplomates américains d'utiliser une maison de campagne dans la banlieue de Moscou et un bâtiment leur servant de dépôt dans la capitale.

"La réciprocité est la règle de la diplomatie dans les relations internationales"
Sergueï Lavrov
Chef de la diplomatie russe

Les mesures à l'encontre de la Russie annoncées hier par le président américain Barack Obama prévoient notamment l'expulsion de 35 personnes considérées comme des membres des services de renseignement russes et la fermeture de deux sites russes à New-York et dans l'Etat du Maryland, près de Washington, considérés comme des bases utilisées par des agents russes.

"Nous ne pouvons bien évidemment laisser de telles attaques sans réponse", avait souligné Sergueï Lavrov.

"Les sanctions contre Moscou visent à coincer le futur président américain"

Une proche conseillère du président élu des Etats-Unis Donald Trump, Kellyanne Conway, a critiqué les sanctions américaines contre la Russie, estimant que l'objectif du président sortant Barack Obama était de "coincer" son successeur à la Maison Blanche.

"Je ne pense pas qu'au plus fort de la Guerre froide ce pays ait expulsé autant d'agents", a déclaré jeudi soir sur CNN Mme Conway, qualifiant ces sanctions de "sans précédent".

Les Etats-Unis n'ont jamais expulsé autant de diplomates russes depuis 2001, quand Washington avait renvoyé une cinquantaine de responsables russes, accusés d'avoir été en contact avec un agent du FBI Robert Hansseen qui avait travaillé pendant 15 ans pour Moscou.

Selon Mme Conway, beaucoup pensent que ces sanctions visent à "coincer" Donald Trump et réduire sa marge de manoeuvre vis-à-vis de la Russie quand il entrera en fonctions le 20 janvier. "Ce serait malheureux si la principale motivation (des sanctions) était politique", a-t-elle déclaré. "Ce n'est pas comme cela que fonctionne une administration pacifique dans notre grande démocratie". Mme Conway, qui joua un rôle crucial dans la campagne présidentielle de Donald Trump et va désormais le conseiller à la Maison Blanche, a jugé que ces sanctions étaient "symboliques".

Interrogée pour savoir si Donald Trump allait lever ces sanctions contre Moscou, la conseillère a refusé de répondre. "Je ne ferai aucune déclaration là dessus".

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