Première cible atteinte pour les "Abenomics"

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Les chiffres de la croissance japonaise sont meilleurs que prévu au 1er trimestre. Voilà un bon signe de plus pour Abe.

La croissance du Japon au 1er trimestre a été révisée en légère hausse, ce qui vient appuyer la politique économique du Premier ministre Shinzo Abe, une combinaison de "3 flèches" appelée "abenomics" et tournée vers le regain d'activité.

Selon les nouvelles données publiées lundi, entre janvier et mars derniers, le produit intérieur brut (PIB) s'est affiché en hausse de 1,0% par rapport à la période octobre-décembre 2012, contre +0,9% d'après les chiffres préliminaires sortis mi-mai.

• En rythme annualisé, le PIB s'est élevé de 4,1% (au lieu de 3,5%), a précisé le gouvernement.

• Le Japon, troisième puissance économique mondiale, s'était tout juste extrait au 4e trimestre 2012 de six mois de récession.

• Entre janvier et mars 2013, les investissements des entreprises (hors immobilier) ont nettement moins diminué qu'escompté: -0,3% par rapport au trimestre précédent contre -0,7% annoncé mi-mai. Ce facteur explique à lui seul la révision à la hausse, modeste certes mais qui va dans le sens souhaité par Abe.

En bref

Les Abenomics: Le gouvernement de droite d'Abe, en place depuis six mois, conduit une politique orientée vers l'expansion de la demande, grâce à un plan massif de relance (via notamment des travaux publics), une souplesse monétaire accentuée par des dispositions nouvelles de la banque centrale (BoJ) et une stratégie de dérégulation et réformes pour faciliter la tâche des entrepreneurs.

"L'évolution des dépenses d'investissement des entreprises privées demeure négative, mais elle devrait ensuite bénéficier d'une progression grâce à aux exportations censées grimper sur fond d'affaiblissement du yen", a expliqué Yuichi Kodama, économiste chez Meiji Yasuda Life Insurance, cité par l'agence Dow Jones Newswires.

L'embellie économique aux Etats-Unis, conjuguée à des taux de change plus favorables, a aussi contribué à un recul du yen face au dollar de même qu'à une augmentation des commandes extérieures au 1er trimestre, même si les données préliminaires n'ont sur ce point pas été révisées.

"Ces statistiques confirment que l'économie japonaise est bel et bien en train de se reprendre", a commenté Hideki Matsumura, du Japan Research Institute,

Ces nouveaux chiffres apportent en tout cas de l'eau au moulin d'Abe. Ses "trois flèches" vont permettre selon lui de débarrasser le pays de la déflation, une baisse continue des prix considérée comme la cause première de la faiblesse d'activité depuis une quinzaine d'années.

Plus loin encore

Le Premier ministre a encore insisté ce week-end sur sa volonté d'aller plus loin, notamment avec la troisième flèche, celle de la stratégie de croissance, en annonçant son intention de baisser les impôts des sociétés à condition qu'elles investissent, élément nécessaire à un regain significatif de croissance.

Abe s'est en outre dit prêt à être pragmatique au sujet de la hausse prévue de la taxe sur la consommation en deux phases à partir de 2014: elle ne sera appliquée que si l'économie est en phase de rebond tangible et durable, afin de ne pas stopper net un redémarrage tout juste amorcé.

• Trop de risques? A ceux qui, comme le Fonds monétaire international (FMI), estiment qu'il prend des risques considérables en laissant filer la dette déjà colossale de l'Etat, l'intéressé répond que le fardeau ne baissera pas tant que la croissance ne sera pas revenue et la déflation terrassée et que c'est précisément le but des "abenomics".

La banque centrale (BoJ) entame justement ce lundi une réunion de deux jours dont certains espèrent quelques dispositions additionnelles, alors que les acteurs de la Bourse de Tokyo ont manifesté quelques doutes ces dernières semaines, attendant rapidement des réformes concrètes promises par Abe.

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