Quel est ce mystérieux virus qui inquiète l'Asie?

Une image de l'Agence anglaise de la Protection de la Santé qui montre le coronavirus au miscroscope électronique. ©AFP

Un virus proche de celui du Sras se propage depuis la Chine et touche désormais trois autres pays asiatiques. Trois personnes sont déjà décédées. On fait le point sur ce virus, scruté par les autorités mondiales.

La Chine a fait état ce lundi d'une troisième personne décédée d'un mystérieux virus proche du Sras apparu le mois dernier, alors que l'épidémie se propage vers le nord et le sud du pays et a gagné la Corée du Sud, le Japon et la Thaïlande. La situation inquiète à quelques jours des grands chassés-croisés du Nouvel An chinois. L'épidémie, apparue en décembre dans un marché de Wuhan (centre de la Chine), a infecté au total 205 personnes (cas connus), dont 201 en Chine.

Les autorités chinoises multiplient les messages rassurants dans les médias officiels pour éviter la panique, mais le spectre d’un retour du Sras est dans tous les esprits. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a demandé la mise en œuvre d'une "surveillance active et une préparation continue dans d'autres pays" que la Chine.

On compte six vols de Wuhan vers Paris par semaine, et aucun vol direct vers Bruxelles. Pour l’instant aucun cas n’a été signalé en Europe, aux États-Unis ou à l’extérieur du continent asiatique.

Quel est ce nouveau virus?

Il s’agit d’un coronavirus de la même famille que celui du Sras, c’est-à-dire une pneumonie atypique virale. Le Sras avait fait près de 800 morts en Asie entre 2002 et 2003. Les deux virus ont 80% de similarités d’un point de vue génétique. Pour l’instant, aucun vaccin n’est disponible pour le traitement ou la prévention. Le Sras avait été identifié dans plus de 60 pays. Le vaccin contre la grippe ne protège absolument pas de ce nouveau virus qui mute rapidement.

Quels sont les symptômes?

La grande famille des coronavirus provoque le plus souvent des symptômes bénins chez l’homme, comme ceux du rhume. Mais on a recensé deux épidémies mortelles liées au coronavirus: celle du Sras et celle de Mers (Syndrome respiratoire du Moyen-Orient). Ce nouveau virus entraîne des "pneumopathies", c’est-à-dire des maladies respiratoires, avec de la fièvre, de la toux et, chez certains malades, des symptômes gastro-intestinaux, comme de la diarrhée.

La source exacte de l’épidémie n’est pas encore connue, ni le fameux "patient zéro", le premier malade à l’origine de l’épidémie.

Où est-il apparu? 

Il est apparu pour la première fois dans un marché aux poissons et aux fruits de mer dans la ville de Wuhan, une mégapole de 11 millions d’habitants située dans le centre de la Chine. Le marché a été fermé dès le 1er janvier et complètement désinfecté depuis, mais la source exacte de l’épidémie n’est pas encore connue, ni le fameux "patient zéro", le premier malade à l’origine de l’épidémie. 

Comment se transmet-il?

Pour l’instant, on sait que le virus se transmet de l’animal à l’être humain. Il n’y a encore aucune preuve d’une transmission interhumaine, mais le virus peut muter rapidement, comme ce fut le cas en 2002 avec le Sras. Des malades affirment ainsi n’avoir eu aucun contact avec le marché de Wuhan ce qui amène les médecins à se poser des questions sur les modes de transmissions. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) n’exclut pas la possibilité d’une transmission humaine.

Plusieurs laboratoires en Chine et à l’étranger travaillent sur cette épidémie mystérieuse, dont l’Institut Pasteur à Paris et l’Imperial College de Londres.

Des scientifiques de l’Imperial College de Londres assurent que le nombre de victimes pourrait être au moins sept fois supérieur aux chiffres publiés par Pékin, faisant planer le doute sur la fiabilité des informations données par les autorités chinoises.

Combien de victimes?

Au 20 janvier, la Chine a recensé trois morts de l’épidémie et près de deux cents malades dans toute le pays, essentiellement à Wuhan où l’épidémie est apparue, mais aussi à Pékin, Shanghai, Shenzhen. La Thaïlande, le Japon et la Corée du Sud sont aussi touchés.

Les patients chinois atteints du mystérieux virus sont traités à l'hôpital de Jinyintan, au centre de la Chine. ©AFP

Jusqu'à présent, tous les malades sont passés par Wuhan ou ont été en contact avec des personnes sur place. Le premier cas a été recensé le 31 décembre dernier par les médecins chinois. Mais des scientifiques de l’Imperial College de Londres assurent que le nombre de victimes pourrait être au moins sept fois supérieur aux chiffres publiés par Pékin, faisant planer le doute sur la fiabilité des informations données par les autorités chinoises.

Quelles sont les mesures de précaution déjà mise en place?

Le risque principal est une propagation rapide du virus. Les Chinois célèbrent cette semaine le Nouvel An lunaire et plus de 500 millions de trajets sont prévus ces jours-ci et près de trois milliards au total sur un mois. Rien que le week-end passé, le nombre de cas a triplé. Tous les passagers des avions arrivant de Wuhan sont contrôlés à l’intérieur même de la cabine avec des prises de température. Le contrôle est moins systématique dans les gares. À Pékin, par exemple, aucun portail de détecteurs de températures et de caméras infrarouges n’a été installé.

Le port du masque s'est rapidement répandu en Chine ces derniers jours. ©AFP

À l’étranger, les voyageurs qui arrivent de Wuhan sont contrôlés dans les aéroports au Japon, en Thaïlande, en Corée du Sud et aux États-Unis, mais il est parfois difficile de s’assurer de leur itinéraire exact. Le dernier cas recensé, dimanche en Corée du Sud, a ainsi été détecté à son arrivée à l’aéroport de Séoul. Tous les passagers qui se trouvaient dans le même avion que lui ont été ensuite isolés.

En Chine, le port du masque chirurgical pour se protéger des germes est devenu quasi systématique. Des hôpitaux ont été réquisitionnés dans plusieurs grandes villes et des centaines de personnes sont toujours placées en quarantaine.

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