Record de la production de pétrole en Russie

Une installation de pompage de pétrole à Almetyevsk, en Russie. ©Bloomberg

La production pétrolière russe a atteint 534 millions de tonnes de brut en 2015, un record, selon les chiffres officiels publiés samedi.

La production de pétrole en Russie a atteint un record en 2015, à plus de 534 millions de tonnes, alors que le pays, en récession, subit un effondrement des cours de l'or noir, selon des chiffres publiés samedi par le ministère de l'Energie.

La production russe de pétrole et de condensat de gaz a augmenté en 2015 de 1,4% en rythme annuel, à environ 10,73 millions de barils par jour, précise le ministère dans des statistiques publiées par l'agence de presse Interfax.

La chute des cours du pétrole et les sanctions occidentales en raison de la crise ukrainienne ont fragilisé, ces derniers mois, la Russie qui tire plus de la moitié de ses revenus budgétaires de ses exportations d'hydrocarbures. Le rouble, la monnaie russe, a chuté d'environ 20% face au dollar sur l'année 2015 après -40% en 2014.

Les cours du pétrole pourraient continuer de chuter jusqu'à atteindre leur plus bas au cours du premier trimestre 2016 et resteront à de faibles niveaux pendant deux ans, a avancé samedi le directeur général de BP, Bob Dudley.

"Le plus bas pourrait être atteint au premier trimestre", a déclaré M. Dudley lors d'une interview à la BBC. Le marché mondial subit un surcroît de production par rapport à la demande, ce qui a entraîné une chute des cours du pétrole de près de 70% depuis 2014.

"Les prix vont rester bas plus longtemps, nous l'avons déjà dit, et je crois que nous en avons pour deux ans", a prévenu le directeur général du groupe pétrolier britannique. "Nous sommes évidemment dans un cycle."

Il y a deux semaines, le baril de Brent de la mer du Nord, échangé à Londres, est tombé à son niveau le plus faible depuis juillet 2004 (à 36,04 dollars) tandis que le WTI new-yorkais a chuté à son plus bas depuis février 2009 (à 33,98 dollars).

La récession frappe le pays depuis un an et alors que Moscou espérait une amorce de reprise en 2016, la baisse soudaine des cours du pétrole brut européen à ses plus bas niveaux en plus d'une décennie est venue tout bouleverser.

"Tous les pays, parmi lesquels les pays de l'Opep, ont énormément augmenté leur production pour ne pas perdre leurs parts de marché, sans tenir compte qu'ils tiraient les prix à la baisse", a dit samedi le consultant en énergie Mikhail Kroutikhine, sur une radio russe. "Il semble que la Russie suit également cette voie".

La banque centrale russe estime que si les cours du pétrole restent à 40 dollars toute l'année 2016, le PIB chutera de plus de 2%. Le 17 décembre, le président Vladimir Poutine avait averti que la Russie devait se préparer à tous les scénarios économiques possibles en raison de la "volatilité" du marché pétrolier.

Le budget et les prévisions économiques ont été préparés sur la base d'un baril d'or noir à 50 dollars, ce qui semble aujourd'hui "optimiste", avait reconnu le chef de l'Etat lors de sa conférence de presse annuelle. Actuellement, le cours s'établit aux alentours de 37 dollars.

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