Sarkozy place ses entreprises en Russie

Le président français Nicolas Sarkozy a appelé samedi l'Europe et la Russie à intensifier leur coopération, à l'occasion d'une visite à Saint-Pétersbourg destinée à pousser les pions des entreprises tricolores sur le marché russe.

M. Sarkozy a réaffirmé que l'Europe et la Russie devaient "travailler ensemble" sur la régulation financière et la réforme de la gouvernance mondiale, dans un discours concluant la quatorzième édition du Forum économique de Saint-Pétersbourg.

"J'ai une conviction, c'est que l'Europe et la Russie, nous devons travailler ensemble de façon stratégique, de façon très proche et dans un rapport de confiance", a-t-il déclaré.

"La guerre froide, c'est fini. Le mur (de Berlin), c'est fini. La Russie est une grande puissance, nous sommes des voisins, nous avons vocation à être des amis, nous devons nous rapprocher", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a également redit sa confiance dans le président russe Dmitri Medvedev.

"Je veux dire combien j'ai confiance dans la parole du président Medvedev, combien j'ai apprécié de pouvoir travailler avec lui à des moments où on n'était pas spontanément d'accord", a-t-il dit, en évoquant la crise russo-géorgienne de l'été 2008.

"J'apprécie la relation personnelle particulière que j'ai avec Nicolas Sarkozy", a répondu un peu plus tard M. Medvedev.

Les deux hommes doivent s'entretenir en privé avant d'assister à la signature officielle d'une vingtaine de contrats et accords commerciaux entre les deux pays, dont la plupart sont déjà dans les tuyaux depuis de longs mois.

Dans le secteur de l'énergie, GDF-Suez a annoncé samedi avoir finalisé sa prise de participation dans le gazoduc North Stream, aux côtés du géant russe Gazprom, des entreprises allemandes EON et BASF et du néerlandais Gasunie.

M. Sarkozy et M. Medvedev doivent aussi parapher le protocole d'accord conclu dès vendredi entre l'italien ENI et Gazprom, consentant à l'entrée d'EDF dans la société South Stream AG pour participer au projet de construction de l'autre gazoduc destiné à approvisionner l'Europe, qui doit passer sous la mer Noire.

Dans les transports, Alstom va s'allier avec le constructeur russe de trains Transmashholding (TMH) pour fournir 200 locomotives aux chemins de fer russes et autant aux chemins de fer kazakhs, pour un montant évalué par l'Elysée à un milliard d'euros.

D'autres contrats sont espérés dans l'agroalimentaire ou l'espace, dont l'achat par Arianespace de dix fusées Soyouz à lancer de Kourou (Guyane).

Avec ces accords, la France répond à l'appel pressant de Moscou à investir plus massivement en Russie.

Vendredi, M. Medvedev s'était en effet livré à une opération séduction en direction des Occidentaux, assurant que son pays était résolument engagé sur la voie de la modernisation et qu'il ne fallait plus craindre d'y investir.

"La Russie change, et pour elle-même et pour le reste du monde", a-t-il déclaré, ajoutant que son pays devait parvenir un jour à attirer "des gens du monde entier désireux de réaliser leurs rêves".

La modernisation est un thème cher du président russe qui insiste pour sortir le pays de sa forte dépendance aux exportations d'hydrocarbures. Mais pour réussir dans cette tâche, la Russie a un besoin criant de capitaux étrangers.

"Il est évident que les investissements sont un des principaux facteurs de développement en termes d'innovation et de modernisation réussie. La Russie a besoin d'un véritable boom des investissements", a reconnu dans son discours le locataire du Kremlin.

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