Six mois après l'accord UE-Vietnam, les droits humains patinent

Des avancées sont enregistrées en matière de droit du travail, mais la situation des droits humains reste préoccupante. (Photo: ouvrières textile à Ho Chi Minh-Ville, juillet 2019.) ©REUTERS

Six mois après le feu vert à l'accord de libre-échange avec le Vietnam, des députés européens s'inquiètent de la dégradation de la situation des droits humains dans ce pays.

L'Europe pèsera-t-elle un jour sur le respect des droits humains chez le dernier de ses amis commerciaux? Six mois après que le Conseil de l’UE ait donné son feu vert à l'Accord de libre-échange avec le Vietnam (EVFTA), une soixantaine d'eurodéputés s'inquiètent de la dégradation de la situation dans le pays alors que le Parlement avait espéré que cet accord "mènerait à l'amélioration de la situation des droits politiques et humains dans le pays".

"Un nombre croissant de nouvelles alarmantes ont été rapportées."

Pour la Commission européenne, la situation des droits de l'homme est "certainement préoccupante", mais l'accord de libre-échange "va aider à contrôler les engagements de manière plus efficace", nous indique-t-on. Des avancées ont été enregistrées, souligne l'exécutif européen: une réforme du code du travail et la ratification, en juin, d'une convention de l'Organisation internationale du Travail (OIT) sur le travail forcé "montre l'engagement du Vietnam à poursuivre l'amélioration de la situation sociale dans le pays".

"Malgré [ces avancées], un nombre croissant de nouvelles alarmantes ont été rapportées depuis", dénoncent entre autres les eurodéputés belges Saskia Bricmont (Ecolo), Marie Arena (PS), Benoît Lutgen (cdH) et Frédérique Ries (MR) dans la lettre adressée au commissaire-désigné au Commerce, Valdis Dombrovskis, qui passera ce vendredi  son grand oral de confirmation devant le Parlement.

Alors que l'organisation Human Rights Watch a dénoncé une vague d'arrestations à l'approche du 13e congrès du parti communiste, la lettre des eurodéputés met en exergue le cas éloquent du journaliste Pham Chi Dung, arrêté après avoir envoyé une pétition au Parlement européen.

Les signataires appellent à "rappeler" aux partenaires vietnamiens la possibilité de "suspendre en partie ou complètement les accords en cas d'absence persistante de progrès" en matière de droits humains.

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