Solaire: l'Europe table sur une fin rapide du conflit avec la Chine

Karel De Gucht, le commisaire européen au Commerce, aux côtés de Gao Hucheng, le ministre chinois du Commerce. (© Ed Jones) ©AFP

Le commissaire européen au Commerce estime que le conflit entre la Chine et l'UE dans le dossier photovoltaïque sera réglé "dans les jours ou les semaines à venir". Karel De Gucht a par ailleurs estimé qu'une guerre commerciale serait "stupide pour les deux parties".

Chine et Union Européenne (UE) devraient mettre fin à leur bataille commerciale sur les panneaux photovoltaïques "dans les jours ou les semaines à venir", a assuré karel De Gucht, le commissaire européen chargé du Commerce, ce vendredi à Pékin.

L'annonce du Belge, au terme d'une journée d'entretiens avec ses interlocuteurs chinois, semble écarter le spectre d'une guerre commerciale entre la Chine et le Vieux continent. Alors que la Chine produit plus de 70% des panneaux solaires et abrite la majorité des grands fabricants mondiaux, la Commission européenne avait annoncé début juin instaurer des taxes provisoires sur le solaire chinois. Pékin avait répliqué en lançant une enquête antidumping sur les vins importés de l'Union européenne.

"J'ai bon espoir que nous parvenions à une solution dans les jours ou les semaines à venir", a dit De Gucht, lors d'une conférence de presse dans la capitale chinoise. Des discussions officielles avaient été ouvertes plus tôt vendredi, dans l'enceinte du ministère chinois du Commerce, par Gao Hucheng, ministre du Commerce, et le commissaire européen chargé du Commerce.

Une solution d'ici au 6 août?

Dans le dossier des panneaux solaires, l'exécutif européen avait opté pour des mesures graduelles: depuis le 6 juin les taxes sont au taux de 11,8%, et passeront ensuite à 47,6% en moyenne à partir du 6 août, si la Commission ne parvient pas à trouver un terrain d'entente avec Pékin. De Gucht a laissé entendre vendredi que ce tournant du 6 août jouait un rôle clé dans la recherche d'une solution rapide. "Il nous faut trouver un accord afin que la solution puisse être mise en vigueur avant le 6 août", a-t-il souligné.

La volonté de Karel De Gucht de parvenir à un règlement rapide de la crise sur le solaire trahit probablement sa crainte de voir la Commission désavouée par un éventuel vote des Etats membres, a estimé Tao Jingzhou, un associé de la firme Dechert LLP China. En effet, sur la question des panneaux solaires, les Européens ne présentent pas un front uni face aux Chinois. Ils sont très divisés, notamment entre la France qui défend une attitude offensive vis-à-vis de Pékin, et l'Allemagne, premier partenaire commercial de la Chine au sein de l'UE, qui veut la ménager.

Une guerre dans l'intérêt de personne

Une aggravation de la bataille commerciale sino-européenne "serait stupide pour les deux parties", a enfin estimé De Gucht. Juste après l'annonce début juin de la Commission européenne d'instaurer des taxes provisoires sur le solaire chinois, Pékin avait répliqué en lançant une enquête antidumping sur les vins importés d'Europe, où la France est leader.

"Selon les règles de l'OMC la Chine a le droit de lancer une enquête sur les vins importés en Chine et la décision leur revient", a déclaré vendredi Karel De Gucht. "J'ai confiance dans le désir des Chinois de continuer à boire d'excellents vins européens", a-t-il toutefois ajouté.

Les discussions de sortie de crise ce vendredi à Pékin se sont tenues juste avant le départ pour la Belgique et la France d'une délégation d'une trentaine de grands patrons chinois. Cette visite est censée ouvrir la voie à de nouveaux échanges commerciaux entre la Chine et l'Europe. Feront partie du voyage des fondateurs et dirigeants de groupes champions de l'économie chinoise, notamment dans les nouvelles technologies.

Des panneaux solaires aux équipements de télécommunications en passant par la vaisselle en céramique ou les tuyaux sans soudure, les litiges commerciaux se sont envenimés récemment entre l'UE et la Chine. Mais la plupart des experts ne croient pas au déclenchement d'une véritable guerre commerciale, jugée trop coûteuse pour les économies des deux parties.

Le commerce bilatéral Chine-Europe a enregistré un recul de 3,7% l'an dernier, à 546 milliards de dollars, mais le déficit commercial de l'UE vis-à-vis de la Chine n'a cessé de se creuser, dépassant 122 milliards.

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