Sommet UE-Chine: "La Chine est une rude négociatrice"

Covid-19 oblige, le sommet s’est tenu en visioconférence. ©REUTERS

Initialement prévu à Leipzig, le sommet réunissant dirigeants chinois et européens s’est finalement tenu en visioconférence en raison de l’épidémie de Covid-19.

L’accord sino-européen sur les investissements, en négociation depuis sept ans, était l’élément central de cette réunion. Les Chinois souhaitent que ce dossier, traitant de sujets comme la propriété intellectuelle, les subventions aux entreprises publiques chinoises ou encore la fin des transferts de technologie imposée aux firmes étrangères en Chine, soit bouclé d’ici la fin de l’année. Les Européens, eux, se montrent plus sceptiques, notamment en raison de l’absence d’avancées de Pékin sur l’ouverture des marchés publics.

Autre sujet de préoccupation: la question climatique. L’Union Européenne s’est donné l’objectif de la neutralité carbone d’ici 2050 et souhaite que la Chine se montre aussi ambitieuse. "Nous attendons de la Chine la date du pic des émissions de CO2 avec ses objectifs en termes de neutralité climatique. La moitié du CO2 des centrales à charbon vient de Chine, c’est pourquoi nous avons parlé d’autres énergies exploitables. La Chine a reconnu que c’était le cap à suivre", s’est félicitée la Chancelière allemande Angela Merkel.

Sur la réponse à apporter à la crise du coronavirus, elle ne peut qu’être internationale, selon Charles Michel, soulignant l’importance de la coopération et de la possibilité d’enquêter sur l’origine du virus.

"Les voix démocratiques qui s’expriment à Hong Kong doivent être entendues. L’autonomie doit être préservée."
Charles Michel
président du Conseil européen

Un sommet sous tension

Outre les tensions commerciales, plusieurs sujets épineux devaient être mis à l’agenda des discussions. Bruxelles a fait part de ses préoccupations quant à la crise politique qui agite Hong Kong où l’application d’une loi sécuritaire menace, selon les Européens, les libertés de ce territoire semi-autonome. "L’Union européenne et nos États membres ont répondu avec une voix claire. Les voix démocratiques qui s’expriment à Hong Kong doivent être entendues. L’autonomie doit être préservée", a déclaré Charles Michel, président du Conseil européen.

Enfin, le sort des Ouïghours a également été évoqué. Cette minorité musulmane de Chine massivement internée dans des camps selon chercheurs et ONG, suscite des tensions diplomatiques entre la Chine et la communauté internationale. "Nous avons exprimé nos préoccupations dans le traitement des Ouïghours, des journalistes et des travailleurs humanitaires", a déclaré Charles Michel. Angela Merkel a de son côté affirmé qu’il n’y avait pas de convergences de vues sur le sujet. Des diplomates doivent être dépêchés dans les provinces concernées.

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