Tokyo fait ceinture pour juguler sa dette

Naoto Kan, le nouveau Premier ministre japonais.

Le Japon, dont la dette caracole à 200% du PIB, plafonne ses dépenses pour trois ans et envisage de relever la taxe sur la consommation. Objectif à long terme: retrouver un excédent budgétaire... d'ici 10 ans.

(afp) - Le gouvernement japonais a décidé mardi de plafonner ses dépenses pendant au moins trois ans pour contenir la colossale dette publique du pays.

Ce plan du nouveau gouvernement de centre-gauche de Naoto Kan prévoit de limiter à 71.000 milliards de yens (634 milliards d'euros) les dépenses de l'Etat, soit leur niveau atteint lors de l'année budgétaire en cours 2010-2011, au moins jusqu'à l'exercice 2013-2014.

Il s'engage en outre à maintenir pour la même période les émissions de bons du Trésor en-dessous de 44.000 milliards de yens (393 milliards d'euros), leur montant atteint cette année.

A plus long terme, le gouvernement veut diviser par deux d'ici 2015-2016 le déficit annuel de ses finances et dégager un excédent budgétaire dès 2020-2021, hors intérêts de la dette.

Il a promis en outre de présenter "rapidement" une réforme fiscale drastique qui pourrait entraîner un relèvement de la taxe sur la consommation, aujourd'hui fixé à 5%.

"Je pense que nous pourrons obtenir la confiance des marchés" avec ce plan, a déclaré le secrétaire d'Etat à la Politique économique et fiscale, Satoshi Arai, lors d'une conférence de presse.

Le Japon est le pays développé le plus endetté du monde, avec une dette publique atteignant quelque 200% de son produit intérieur brut (PIB).

Depuis son arrivée au pouvoir début juin, le chef du gouvernement, M. Kan, a mis en garde contre un scénario à la grecque si la deuxième économie mondiale continuait d'emprunter sans réduire ses dépenses.

"Je voudrais que ce soit clair: notre pays est dans une situation différente de la Grèce ou de la Hongrie", a toutefois avancé M. Arai, mettant en avant la balance des comptes courants excédentaire de l'archipel et les importantes réserves d'épargne des Japonais.

Environ 95% des bons du Trésor sont détenus en outre par des investisseurs japonais, ce qui réduit les risques de faillite de l'Etat.

Afin de dégager de nouvelles recettes fiscales, M. Kan souhaite ouvrir un débat national sur l'augmentation de la taxe sur la consommation, sitôt passées les élections sénatoriales du 11 juillet.

"Au plus tôt, cela prendra au moins deux ou trois ans, voire un peu plus", avant d'éventuellement relever son taux, a-t-il toutefois prévenu lundi.

 

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