Trump lance des sanctions contre la Turquie, Erdogan répond

Les forces turques largement épaulées par des rebelles syriens veulent créer un couloir de 32 km de large entre la Syrie et la Turquie. ©AFP

Donald Trump s'est entretenu avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour lui demander la cessation immédiate de l'offensive turque en Syrie. Le président américain a imposé de nouvelles sanctions - notamment économiques - contre la Turquie.

Le président américain avait menacé de détruire complètement l'économie turque si Ankara entrait en force en Syrie pour concrétiser son projet de "couloir" entre les deux pays. Donald Trump poursuit dans la même veine. Lundi, il a appelé la Turquie à mettre fin à son opération militaire. Il a aussi annoncé une série de sanctions au moment où les troupes syriennes se déployaient dans le nord du pays.

"Les États-Unis veulent que la Turquie mette fin à l'invasion, mette en oeuvre un cessez-le-feu immédiat et commence à négocier avec les forces kurdes en Syrie", a indiqué le vice-président américain Mike Pence qui a précisé qu'il se rendrait prochainement en Turquie à la demande de Trump.

Les États-Unis ne vont tout simplement pas tolérer plus longtemps l'invasion turque en Syrie.
Mike Pence
Vice-président américain

Lors d'un échange téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, Trump s'est montré "très ferme" a affirmé Pence qui a assuré que le dirigeant turc s'était engagé à ce qu'il n'y ait "aucune attaque" contre la ville de Kobané.

160.000
déplacés
D'après l'ONU, 160.000 personnes fuient les combats.

Le chef du Pentagone Mark Esper a, de son côté, souligné que l'offensive militaire turque avait entraîné la libération de nombreux détenus "dangereux" du groupe djihadiste État islamique (EI). "Cette incursion inacceptable a sapé la mission internationale anti-EI, couronnée de succès en Syrie", a-t-il déploré.

Quelles sanctions?

Les sanctions américaines visent les ministres turcs de l'Énergie, de la Défense et de l'Intérieur. Leurs éventuels avoirs aux États-Unis sont gelés et leurs transactions internationales en dollars sont bloquées.

Trump a annoncé le relèvement à 50% des droits de douane américains sur l'acier turc et la fin immédiate de négociations avec Ankara autour de ce qu'il a décrit comme un accord commercial à 100 milliards de dollars.

La réponse d'Erdogan

Le président turc a affirmé que l'offensive turque se poursuivrait jusqu'à ce que ses "objectifs soient atteints", en dépit d'appels de Washington à y mettre fin.

La Russie commence aussi à faire entendre sa voix, disant ne pas permettre pas d'affrontements entre les armées turque et syrienne, en pleine opération militaire d'Ankara: "Je pense non seulement que des affrontements (turco-syriens) ne sont dans l'intérêt de personne mais en plus qu'ils seraient inacceptables. Et c'est pourquoi, bien entendu, nous ne laisserons pas (les choses) en arriver là", a déclaré Alexandre Lavrentiev, l'envoyé spécial. 

Que se passe-t-il sur le terrain?

Les informations fiables manquent totalement concernant les opérations sur le terrain. Des sources différentes et non vérifiées rapportent ces positions des différentes parties: 

• Sous la couverture de l'aviation, il semble que les forces turques et leurs alliés aient conquis une bande frontalière longue d'environ 120 km, allant de la ville de Tal Abyad jusqu'à l'ouest de Ras al-Aïn.

• Les forces du régime se sont déployées au sud de Ras al-Aïn, à la périphérie de la ville Tal Tamr. Des unités de l'armée sont désormais à 6 km de la frontière, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Et pour la première fois depuis 2012, l'armée syrienne est entrée dans la ville de Minbej, gérée jusqu'ici par un conseil militaire affilié aux Kurdes et en a pris le contrôle. Aux abords ouest de la ville, des combattants pro-turcs et des véhicules militaires turcs se sont massés par centaines.

• Des combats acharnés se poursuivent à Ras al-Aïn entre les troupes turques et les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition militaire dominée par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), selon l'OSDH.

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