Accord à l'OPEP, on ne change rien ou presque

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L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a décidé, lors d'une réunion ministérielle à Vienne, de maintenir sa production à un niveau élevé, une stratégie destinée à défendre ses parts de marché plutôt que de soutenir les cours.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a décidé de porter son plafond de production à 31,5 millions de barils par jour (bpj), a-t-on appris de plusieurs sources au sein du cartel, ce qui revient à prendre acte du niveau de production effectif actuel.

L'Opep, qui produit un tiers environ du pétrole consommé dans le monde, a décidé de porter son plafond global de production à 31,5 millions de barils par jour (bpj) contre 30 millions auparavant, ont dit deux sources de l'organisation, un choix qui officialise le fait que les pays membres produisent bien plus que le plafond prévu. Le communiqué de l'Opep ne mentionne toutefois aucun objectif chiffré en matière de production. Il n'était pas possible dans l'immédiat de déterminer si le nouveau plafond incluait l'Indonésie, de retour au sein de l'Opep et qui produit environ 900.000 bpj.

Quoi qu'il en soit, la décision ne répond en rien à la situation actuelle d'offre excédentaire. Les pays les plus pauvres de l'Opep ont pourtant tenté jusqu'au dernier moment de convaincre les plus riches, emmenés par l'Arabie saoudite, de réduire les pompages pour tenter de soutenir les prix. Mais Ryad et ses alliés du Golfe ont choisi de s'en tenir à leur stratégie de défense des parts de marché, censée faire baisser les cours au point de décourager les producteurs dont les coûts sont les plus élevés, à commencer par ceux de pétrole de schiste aux Etats-Unis.

Pas de coopération entre Opep et non-Opep

Les responsables saoudiens avaient auparavant déclaré qu'ils n'étaient prêts à envisager une baisse de la production qu'à la condition que l'Irak et l'Iran, tous deux membres de l'Opep, acceptent de coopérer, et que des pays extérieurs à l'organisation, comme la Russie, se joignent à elle. Mais Moscou a réaffirmé cette semaine ne pas croire à l'efficacité d'une politique concertée.

Quant à l'Irak et l'Iran, ils n'ont manifesté aucun signe de leur volonté de réduire leur production. Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zangeneh, a déclaré avant la réunion de Vienne que son pays n'envisageait de discuter que lorsqu'il serait revenu à une production maximale, ce qui suppose une levée des sanctions occidentales l'an prochain. Son homologue irakien, Adel Abdel Mahdi, a dit que Bagdad allait encore augmenter sa production l'an prochain, après une forte hausse cette année.

Le saoudien Ali al Naïmi, lui, a dit espérer que la croissance de la demande mondiale suffise à absorber la hausse de la production iranienne attendue en 2016. "Tout le monde est bienvenu sur le marché", a-t-il assuré. L'Iran a déclaré à plusieurs reprises vouloir augmenter ses pompages d'au moins un million de bpj une fois les sanctions levées. Une telle hausse ne ferait qu'exacerber le déséquilibre entre l'offre et la demande mondiale puisque la planète consomme actuellement jusqu'à deux millions de bpj de moins qu'elle n'en extrait.

45$
Le prix du baril a baissé de plus de moitié en 18 mois, passant de 115 dollars à environ 45 dollars. Et le relèvement des taux d'intérêt américains, attendu pour la mi-décembre, pourrait accentuer cette baisse en faisant monter le dollar.

Un nouveau plafond plus proche de la réalité

Si Ryad peut se targuer d'une victoire au moins partielle contre le pétrole de schiste américain, la production de la Russie, l'autre grand producteur extérieur à l'Opep, reste supérieure aux attentes, contribuant à la croissance constante des stocks mondiaux. Cette situation n'est cependant pas sans conséquences néfastes pour l'Arabie saoudite, confrontée à une chute de ses recettes pétrolières telle que le gouvernement a évoqué la possibilité d'instaurer une TVA et de réduire les subventions publiques à l'énergie.

L'Opep a renoncé il y a plusieurs années déjà aux quotas de production par pays et la plupart de ses membres produisent autant qu'ils le veulent. Le ministre russe Alexander Novak a déclaré jeudi que l'Opep devrait aligner son plafond de production avec sa production réelle. Un ajustement du plafond pourrait contribuer à rapprocher les positions de l'Opep de celles des pays non-Opep. La dernière collaboration entre les deux blocs remonte à près de 15 ans: ils avaient limité la production et soutenu les cours à la suite de la crise financière de 1998.

Plongeon sur les marchés

Ces informations ont provoqué un nouvel accès de faiblesse des cours du brut et vers 16h30, heure belge, le baril de Brent cédait 1,76% à 43,06 dollars le baril tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) abandonnait 2,63% à 40,00 dollars.

Les cours du brut sur les marchés mondiaux ont piqué du nez (voir graphique ci-dessous) en réaction à ces informations. Vers 15h05, heure belge, le Brent se traitait à 43,21 dollars le baril, en baisse de 1,4%, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI), à 40,24 dollars, en repli de 2%.

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