"Appelez-moi président"

Daniel Tarullo, l'un des membres gouverneurs de la Fed, écoute le sermet de Janet Yelle, visiblement contente ©AFP ©AFP

Janet Yellen a prêté serment ce lundi en tant que présidente de la Fed. Mais l'économiste a donné comme instruction aux membres de sa nouvelle équipe de l'appeler... "président".

Succédant à Bernanke à la tête de la Réserve fédérale, Janet Yellen a été officiellement intronisée ce lundi. Même si cette économiste de Yale assurait déjà ses nouvelles fonctions depuis le week-end, tout en s'acquittant de ses tâches de numéro 2.

En prêtant serment en tant que "présidente du conseil des gouverneurs", Janet Yellen est devenue la première femme à diriger la banque centrale la plus influente du monde.

Cette nouvelle étape vient renforcer le statut de femme forte de Yellen, dont se gargarisent depuis toujours les médias anglophones. Elle qui est sortie victorieuse d'une lutte contre les "haters" (de jaloux économistes à barbichette?), titrait le magazine Marie Claire. Elle que Microsoft a portée aux nues dans une pub célébrant "les femmes héroïques de 2013".

Mais Janet Yellen a un rapport conflictuel avec le rôle joué par son sexe tout au long de ses 40 ans de carrière. La nouvelle patronne de la Fed a d'ailleurs donné comme instruction aux membres du personnel de l'appeler "chair", président, plutôt que "chairwoman", rapporte le Washington Post.

Janet Yelle était la seule femme parmi les doctorants de sa promotion à Yale. Elle n'avait pas choisi le moins machiste des environnements professionnels. Dès ses premiers pas en tant qu'économiste diplômée, Yellen a essuyé "le scepticisme de ses capacités", indique le Washington Post.

Quelques décennies plus tard, Barack Obama allait d'ailleurs lui préférer, un temps, son concurrent venu de Harvard, Lawrence H. Summers, l'architecte du plan pour contrer la récession, pour endosser le costume de banquier central en chef.

Ce Summers qui avait justement expliqué en 2005 la faible représentation de la gent féminine en mathématiques ou en sciences par leurs lacunes "innées". Cette controverse a resurgi au moment de la nomination du successeur de Bernanke. Une tournure que Janet Yellen a déplorée, selon des proches cités par le Washington Post.

La suite, on la connaît. Depuis ce lundi, Janet Yellen doit décider de la politique monétaire des États-Unis jusqu'en février 2018.

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