Grande-Bretagne: manifestations estudiantines contre l'austérité

Des milliers d'étudiants ont manifesté en Grande-Bretagne leur colère contre l'austérité et la hausse des frais d'inscription à l'université. Le gouvernement a prévu d'augmenter les frais d'inscription des universités anglaises de 3.290 livres à 6.000 livres.

Des milliers d'étudiants sont descendus dans les rues de plusieurs villes britanniques pour protester contre la hausse des frais d'inscription à l'université mercredi, y compris à Londres où des échauffourées ont eu lieu, quinze jours après une première manifestation violente.

Des centaines de policiers, dont des unités de police montée, ont fait barrage face à des milliers d'étudiants et d'élèves du secondaire venus manifester leur colère à Whitehall, le quartier des ministères à Londres, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Saloperie de Tories, faites gaffe", "A bas les coupes", ont scandé des étudiants, dont certains étaient masqués ou portaient des capuches relevées au cours de ces manifestations inhabituelles en Grande-Bretagne.

Malgré une présence policière renforcée, quelques heurts ont éclaté dans la capitale. Une estafette de police vide a été attaqué par des manifestants, qui ont détruit son pare-brise à coups de barres.

Certains étudiants sont parvenus à escalader des bâtiments officiels ou sont montés sur des arrêts de bus, tandis que d'autres lançaient des fumigènes et des bâtons sur les barrages de police.

Trois étudiants ont été arrêtés à Londres, où deux policiers ont été blessés, et deux étudiants à Cambridge, selon un premier bilan policier.

Avec quelque 10.000 manifestants sur plusieurs sites à Londres et de quelques centaines à 3.000 dans les autres villes universitaires du pays, selon les estimations de l'agence nationale Press Association, la mobilisation apparaissait cependant plus faible que le 10 novembre. Près de 50.000 manifestants s'étaient alors rassemblés à Londres.

"On va faire tout ce qu'on peut pour arrêter ça; l'austérité veut dire évidemment plus d'inégalités sociales (...); c'est juste stupide", lâche Anthony Moore-Baspos, 23 ans, qui étudie l'allemand au King's College de Londres.

"Nous sommes ici pour montrer au gouvernement comment ça se passe quand on est en colère", déclare un autre étudiant masqué, après avoir grimpé jusqu'aux fenêtres du Foreign Office, sans vouloir donner son nom.

Bethany Hawker, une collégienne de 15 ans en uniforme noir et chemise blanche, a expliqué avoir quitté son établissement avec deux amis pour venir manifester: "Je veux aller à l'université, je veux faire quelque chose de ma vie, mais ces coupes vont rendre cela presque impossible. Ma mère vit des allocs et a déjà du mal à joindre les deux bouts".

Le gouvernement a prévu d'augmenter fortement les frais d'inscription des universités anglaises en les portant de 3.290 livres (3.867 euros) par étudiant et par an à 6.000 livres, et dans "des circonstances exceptionnelles" à 9.000 livres.

Des manifestations et occupations d'universités ont eu lieu à Oxford et Cambridge, ainsi qu'à Manchester, Bristol, Sheffield et Leeds.

Lors de la précédente journée d'action des étudiants le 10 novembre, les forces de l'ordre en sous-effectifs avaient été débordées par des manifestants, qui avaient envahi le siège du parti conservateur à Londres.

La police avait procédé à 66 arrestations, dont celle d'un étudiant soupçonné d'avoir jeté un extincteur sur des policiers du haut de l'immeuble.

Les étudiants avaient annoncé qu'ils comptaient cette fois-ci viser les libéraux-démocrates, alliés aux conservateurs au sein du gouvernement, qu'ils accusent d'avoir renié leur promesse électorale de combattre toute augmentation des frais d'inscription.

Un petit groupe de manifestants a pendu symboliquement une effigie de Nick Clegg, leader des libéraux-démocrates à une corde mardi soir au moment où ce responsable prononçait un discours dans le nord de Londres.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés