Iran : la France propose une prise en charge d'éventuelles pénalités US

Bruno Le Maire, ministres français des Finances. ©AFP

Bruno Le Maire, le ministre français des Finances, suggère que l'Union européenne viennent en aide aux entreprises qui seraient sanctionnées par les Etats-Unis après la rupture de l'accord sur le nucléaire iranien.

La France propose que le coût d'éventuelles sanctions financières imposées par les Etats-Unis à des entreprises européennes soit pris en charge par l'Union européenne, a déclaré dimanche le ministre français de l'Economie et des finances, Bruno Le Maire.

La décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien ouvre la voie à des sanctions à l'encontre d'entreprises européennes ayant des relations d'affaires avec l'Iran.

"Est-ce que nous acceptons que les Etats-Unis soient le gendarme économique de la planète ? La réponse européenne doit être clairement non", a déclaré Bruno Le Maire, invité du Grand Rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNEWS.

"Nous avons un budget européen à disposition qui doit nous permettre de protéger notre commerce et nos entreprises."
Bruno Le Maire
Ministre français des Finances

La France fait ainsi des propositions pour renforcer la souveraineté économique européenne et protéger les entreprises européennes, a-t-il poursuivi.

"Le renforcement du règlement de 1996 (...) nous permettrait de prendre à notre charge l'éventuel prix des sanctions payées par les entreprises et qui pourrait être payé par l'Union européenne", a-t-il ajouté. "Nous avons un budget européen à disposition qui doit nous permettre de protéger notre commerce et nos entreprises."

"L'avenir de l'Italie est en Europe et nulle part ailleurs"

Bruno Le Maire a également prévenuque la stabilité de la zone euro serait "menacée" si le prochain gouvernement en Italie ne respectait pas les engagements du pays sur la dette et le déficit.

"Si le nouveau gouvernement prenait le risque de ne pas respecter ses engagements sur la dette, le déficit, mais aussi l'assainissement des banques, c'est toute la stabilité financière de la zone euro qui serait menacée", a mis en garde M. Le Maire lors de l'émission télévisée "Le Grand Rendez-vous" Europe 1-Les Echos-CNEWS.

Les partis populistes italiens, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite), ont présenté vendredi un "contrat de gouvernement" qui tourne le dos notamment à l'austérité et aux "diktats" de Bruxelles.

Leurs deux chefs de file, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, prévoient de le présenter lundi au président italien Sergio Mattarella avec l'objectif de former dans la semaine le premier gouvernement antisystème dans un pays fondateur du projet européen.

"Si le nouveau gouvernement prenait le risque de ne pas respecter ses engagements sur la dette, le déficit, mais aussi l'assainissement des banques, c'est toute la stabilité financière de la zone euro qui serait menacée"
Bruno Le Maire
Ministre français des Finances



"Chacun doit comprendre en Italie que l'avenir de l'Italie est en Europe et nulle part ailleurs, et pour que cet avenir soit en Europe il y a des règles à respecter", a souligné M. Le Maire.

"Les engagements qui ont été pris par l'Italie (...) valent quel que soit le gouvernement. Je respecte la décision souveraine du peuple italien, mais il y a des engagements qui dépassent chacun de nous", a-t-il martelé.

"Nous verrons quelles seront les décisions que prendront les responsables italiens, je redis à quel point il est important de tenir ces engagements dans le long terme pour garantir notre stabilité commune", a conclu le ministre.

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