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L'avertissement US sur le pétrole iranien met le feu aux prix

©REUTERS

Les prix du pétrole ont bondi mardi à Londres et à New York après un avertissement adressé par les Etats-Unis à tous les pays important du brut iranien.

Le pétrole évoluait à la hausse ce mardi, une hausse modérée et due principalement aux perturbations dans la production au Canada et en Libye. L'or noir restait toutefois sous pression en raison de l'augmentation annoncée de la production des pays de l'Opep et des tensions commerciales.

Mais, peu après 18 heures, heure belge, les cours ont soudainement grimpé. La raison: une communication du département d'Etat américain indiquant que tous les pays achetant du brut à Téhéran devaient stopper complètement leurs importations d'ici le 4 novembre s'ils voulaient éviter les sanctions américaines rétablies après le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en août montait alors de 3,55% pour terminer sur un gain de 2,45 dollars, soit 3,60%, à 70,53 dollars le baril. Même chose à Londres pour le baril de Brent de la mer du Nord en hausse de 2,11% par rapport à la clôture de lundi

Les suiveurs des matières premières s'attendaient à cette décision. "Il était déjà établi que les pays européens allaient devoir fortement réduire leurs achats, même si certains espéraient encore pouvoir contourner les sanctions", a commenté Matt Smith du cabinet ClipperData. "Mais les Etats-Unis semblent faire monter la pression en s'adressant aussi aux pays asiatiques comme la Chine et l'Inde, qui ont obtenu des exemptions par le passé", a-t-il ajouté.

L'Iran fait front

Les commentaires de l'administration Trump "rappellent aux investisseurs qu'on pourrait vraiment voir dans les prochains mois une baisse de l'offre de brut sur le marché mondial", a remarqué de son côté Bart Melek de TD Securities. "Même si l'Arabie saoudite a assuré qu'elle pourrait augmenter sa production, il n'est pas sûr que cela puisse compenser tous les barils iraniens perdus", a-t-il ajouté en soulignant toutefois que certains pays comme la Chine ne respecteraient pas forcément les demandes américaines. 

Des sources ont par ailleurs déclaré à l'agence Reuters que Riyad comptait extraire jusqu'à 11 millions de barils par jour (bpj) en juillet, ce qui est un record, contre 10,8 millions bpj à peu près ce mois-ci. Le marché n'avait sinon guère réagi à l'augmentation de la production de l'Opep+ (Opep plus pays producteurs non membres, dont la Russie) annoncée la semaine dernière, parce qu'on ne sait pas quel sera exactement le supplément de production et quand il sera effectif.

Du côté iranien, le gouvernement promet de surmonter les pressions économiques américaines. Le président Hassan Rohani, confronté dans son pays à une deuxième journée de manifestations contre le renchérissement de la vie, a défendu son bilan économique. Il a assuré que les recettes gouvernementales n'ont pas été pénalisées ces derniers mois et a mis la chute de la valeur du rial sur le compte de la "propagande des médias étrangers". "Et même dans le pire des scénarios, je promets que les besoins élémentaires des Iraniens seront pourvus. Nous avons assez de sucre, de blé et d'huile de cuisson. Nous avons assez de devises étrangères pour en injecter dans le marché", a-t-il déclaré ce mardi dans un discours retransmis en direct par la télévision publique.

La décision de Donald Trump de rétablir des sanctions contre l'Iran après le retrait des Etats-Unis de l'accord international de 2015 encadrant le programme nucléaire de Téhéran risque de freiner les exportations de la République islamique, cinquième producteur mondial de pétrole brut, et de réduire le flux de devises étrangères. Cette perspective incite de nombreux iraniens à délaisser le rial pour épargner en dollars, ce qui pèse sur la valeur de la monnaie iranienne.

Selon des estimations publiées en mars par le Fonds monétaire international, le gouvernement iranien détient 112 milliards de dollars (96 milliards d'euros) de réserves et d'actifs étrangers et le compte courant de sa balance des paiements est excédentaire, ce qui laisse entendre que Téhéran pourrait éviter une crise des paiements extérieurs.

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