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L'environnement au sommet des inquiétudes des leaders économiques

Klaus Schwab, fondateur du World Economic Forum de Davos. ©EPA

Les risques environnementaux monopolisent pour la première fois les inquiétudes des participants au forum de Davos, qui s’ouvre la semaine prochaine.

Pour la première fois depuis la première parution du Global Risks Report, les cinq premiers risques mondiaux de long terme identifiés par les participants au Forum de Davos sont tous environnementaux. "Le paysage politique est polarisé, les niveaux des mers montent et des feux climatiques brûlent. C'est l'année où les dirigeants mondiaux doivent travailler avec tous les secteurs de la société pour réparer et revigorer nos systèmes de coopération", a commenté le président du Forum économique mondial (FEM), Borge Brende, dans un communiqué, un mois après la conférence climatique de Madrid (COP25), qui n'a pas permis d'avancée significative.

Le paysage politique est polarisé, les niveaux des mers montent et des feux climatiques brûlent. C'est l'année où les dirigeants mondiaux doivent travailler avec tous les secteurs de la société pour réparer et revigorer nos systèmes de coopération.
Borge Brende
Président du Forum économique mondial

Le premier des risques identifiés pour la décennie qui s’ouvre est celui lié aux phénomènes météorologiques extrêmes, et "leurs conséquences sur les propriétés, les infrastructures et la perte de vies humaines". Le second lui est directement lié : il s’agit de l’échec de l'atténuation et de l'adaptation au changement climatique par les gouvernements et les entreprises. Pour la communauté du FEM, c'est le risque numéro un en termes d'impact. Sans nouvelles mesures déterminantes, les températures mondiales vont augmenter d'au moins 3°C d'ici à la fin du siècle - "deux fois ce que les experts climatiques ont averti être la limite pour éviter les conséquences économiques, sociales et environnementales les plus graves", souligne le rapport phare du FEM.

Le risque nationaliste

Dans l’ordre de probabilité dressé par les parties prenantes au Forum de Davos, viennent ensuite les dégâts et désastres environnementaux causés par l'homme (crimes environnementaux, marées noires, contaminations radioactives, etc.). Et si la perte de biodiversité n’arrive qu’en quatrième position dans le classement, devant les grandes catastrophes naturelles, il s’agit selon les 750 personnes sondées à l’automne dernier du second risque en termes d’impact. L’effondrement des écosystèmes entraîne "des conséquences irréversibles pour l'environnement, qui ont pour conséquence un appauvrissement des ressources pour l'humanité et les industries". L'activité humaine a déjà causé la disparition de 83% des mammifères sauvages et de la moitié des plantes. Le taux d'extinction est aujourd’hui de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de fois plus élevé que la moyenne des dernières 10 millions d'années, et il s'accélère.

"Des écosystèmes biologiquement diversifiés capturent de grandes quantités de carbone et apportent des bénéfices économiques considérables, estimés à 33.000 milliards de dollars par an", souligne de son côté Peter Giger, chef risque au Zurich Insurance Group, qui a participé à l’élaboration du rapport. "Il est crucial que les entreprises et décideurs politiques avancent plus rapidement dans la transition vers une économie bas carbone et des modèles d'affaires plus durables. On voit déjà des entreprises détruites pour avoir échoué à aligner leurs stratégies sur les changements de politiques et les préférences des consommateurs."

Ces risques apparaissent comme prioritaires aux leaders économiques dans un paysage géopolitique instable, "dans lequel les États voient de plus en plus les défis et opportunités au travers de lunettes unilatérales", souligne le rapport. Les risques liés aux fragilités économiques et aux inégalités financières n'ont pas disparu, et ont continué à s'intensifier en 2019 sous l'effet d'agendas nationalistes, souligne encore le Global Risks Report. À court terme, les "confrontations économiques" et les "polarisations politiques domestiques" sont au sommet des risques identifiés pour l’année 2020.

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