L'horizon de l'économie mondiale s'assombrit

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Le FMI revoit à son tour ses prévisions à la baisse. C'est un recul de 0,2 point de croissance par rapport aux précédentes estimations pour 2015 et 2016. En cause: l'impact du ralentissement chinois, plus fort que prévu, et la récession qui frappe des pays comme le Brésil ou la Russie. En Europe et aux Etats-Unis, l'optimisme est toujours de mise.

Après l'OCDE, c'est au tour du Fonds monétaire international (FMI) de raboter quelque peu ses prévisions de croissance mondiale. L'organisation a adapté ses chiffres du fait de perspectives plus défavorables pour les grandes économies émergentes, Brésil et Russie en tête, et les pays exportateurs de pétrole.

"Le retour à une expansion mondiale robuste et synchronisée reste hors d'atteinte."
Maurice Obstfeld
Le nouveau chef économiste du FMI

Dans ses perspectives économiques, le FMI estime aussi que les risques de dégradation supplémentaire semblent plus prononcés qu'il y a quelques mois. Les économistes du Fonds ne tablent plus que sur 3,1% de croissance dans le monde cette année et 3,6% en 2016, soit dans les deux cas 0,2 point de moins que dans leur évaluation intermédiaire de juillet.

Stabilité en Europe et aux Etats-Unis, mais ...

Après avoir été l'épicentre de la crise mondiale en 2008-2009, les pays riches semblent dès lors mieux lotis et peuvent s'appuyer sur une reprise "plus avancée" aux Etats-Unis, première économie mondiale souligne le Fonds. Outre-Atlantique, sur le front de l'emploi, les conditions demeurent favorables à davantage de créations d'emplois. La politique monétaire qui est appelée à se durcir aux Etats-Unis, après sept ans de taux proches de zéro, doit choisir "le bon moment" pour la première hausse des taux à court terme et leur rythme de relèvement par la suite. "Les décisions du Comité monétaire de la Fed devraient dépendre des données économiques et la première hausse attendre de voir des signes plus fermes que l'inflation s'achemine assurément vers l'objectif de 2% de la Fed", affirme le FMI.

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Le FMI est donc un peu plus optimiste pour les Etats-Unis cette année (+0,1 point à 2,6%) mais sensiblement moins pour 2016 (-0,2 point à 2,8%). Il ne modifie qu'à la marge ses prévisions pour la zone euro - 1,5% en 2015 (inchangé) et 1,6% en 2016 (-0,1 point).

La reprise devrait rester modérée cette année en zone euro avec une inflation très basse, qui devrait repartir à la hausse en 2016, même si elle reste loin des objectifs affichés par la Banque centrale européenne, selon le FMI. "La reprise modérée en zone euro est soutenue par les prix bas du pétrole, une politique monétaire accommodante et la dépréciation de l'euro", indique encore le FMI, tout en estimant que "le potentiel de croissance reste faible" en raison notamment des stigmates laissés "par les crises passées".

Des crises et des risques pour l'Europe

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Le FMI met en garde contre les aléas de la crise grecque et de "nouvelles inquiétudes" sur l'avenir du pays au sein de la zone euro. "Les risques de contagion liés à la Grèce sont plus faibles que plus tôt dans l'année mais restent un sujet d'inquiétudes", note le FMI, qui doit bientôt décider s'il participera au troisième plan d'aide qui a été accordé à la Grèce. L'institution relève également que les "risques géopolitiques" restent élevés, notamment en Ukraine ou au Moyen-Orient, et s'inquiète pour la première fois de l'impact économique de la crise des réfugiés en Europe.

La Belgique parmi les bon élèves européens

1,3%
En Belgique, le FMI s'attend à une croissance de 1,3% en 2015 et 1,5% en 2016, soit légèrement plus que les estimations du Bureau du plan.

Par pays, l'Allemagne va continuer à jouer le moteur de l'économie de la zone euro, avec une croissance de 1,5% en 2015 et 1,6% en 2016. La France devrait rattraper son retard l'an prochain avec une croissance de 1,5% après 1,2% cette année. L'Espagne devrait connaître un boom économique cette année, avec une croissance de 3,1% en 2015 et 2,5% en 2016, selon des données quasiment inchangées par rapport à celles de juillet dernier. 

La Chine au plus bas depuis 25 ans

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Le récent ralentissement économique de la Chine a déjà plombé une cohorte de pays et devrait se confirmer en 2016 avec une croissance attendue de 6,3%, selon le FMI, au plus bas depuis vingt-cinq ans. "Les répercussions internationales semblent bien plus vastes que ce qui était jusque-là envisagé", admet le Fonds dans son rapport. D'après le FMI, le coup de mou de la deuxième puissance économique mondiale va ainsi se payer au prix fort chez des pays exportateurs de matières premières (pétrole, métaux, minerais...) dont les cours se sont effondrés.

Le Brésil en perte de vitesse

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Le FMI prévoit une contraction beaucoup plus forte qu'auparavant du PIB brésilien en 2015 à - 3%, avant un recul plus limité de 1% en 2016. "Au Brésil, la confiance des entrepreneurs et des consommateurs est en train de baisser rapidement et la nécessité d'une politique macro-économique plus stricte fait pression sur la demande interne", affirme l'organisme internationale. Dans ses dernières prévisions de juillet, le FMI misait sur une chute de 1,5% du PIB en 2015 et de 1,7% en 2016.

Le géant sud-américain, septième économie mondiale, est notamment confronté à une baisse significative de la consommation, une dégradation accélérée des comptes publics, tandis que l'inflation continue de progresser, dopée par la dépréciation du réal face au dollar, et que le chômage augmente rapidement, sur fond de crise politique et d'impopularité record du gouvernement de Dilma Rousseff.

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