La Chine réplique à Trump, la guerre commerciale remonte dans les tours

Donald Trump et Xi Jinping, le 9 novembre 2017 à Pekin ©Bloomberg

L’escalade reprend entre Washington et Pékin. Après Donald Trump, la Chine annonce à son tour de nouveaux droits de douane.

Dans les années 1970, la diplomatie du ping-pong, par laquelle Pékin et Washington s’échangeaient des joueurs en signe d’amitié, a symbolisé l’avènement d’une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays. Quatre décennies plus tard, le ping-pong est figuré et beaucoup plus agressif. La partie à laquelle le monde assiste depuis un an maintenant n’étonne plus personne: Washington sert, Pékin contre, et le cycle reprend. Après une accalmie, il a repris vendredi avec un tweet de Donald Trump pour déboucher ce lundi sur l’annonce de mesures de représailles chinoises.

La riposte chinoise

"La Chine ne devrait pas répliquer, ça ne ferait qu’empirer les choses!"
Donald Trump
Président américain

Pékin a annoncé qu’il augmenterait au 1er juin ses droits de douane sur des produits américains qui représentent 60 milliards de dollars d’importations annuelles. Les tarifs douaniers seront relevés, selon les produits, à 10%, 20% ou 25%, a annoncé le Bureau de la Commission tarifaire chinoise. La quasi-totalité des marchandises américaines importées dans l’empire du Milieu étaient déjà surtaxées – mais dans une moindre mesure. "L’ajustement de nos droits de douane est une réponse à l’unilatéralisme et au protectionnisme commerciaux américains", a indiqué Pékin dans un communiqué.

Le conflit commercial entre les deux plus grandes économies du monde s’est aggravé la semaine dernière avec l’échec des négociations qui visaient à clore les tensions déclenchées l’an dernier par Donald Trump. Alors que les deux pays ont exprimé leur intention de poursuivre leurs pourparlers, le Président américain a donné un nouveau tour de vis sur la négociation en annonçant faire passer de 10% à 25% les droits de douane punitifs qu’il impose déjà sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises. "La Chine ne devrait pas répliquer, ça ne ferait qu’empirer les choses!", avait alors tweeté Donald Trump.

La contre-mesure chinoise – qui porte sur 60 milliards, on le rappelle – est loin de faire le poids. Mais elle pourrait s’accompagner d’autres décisions. Selon l’influent Hu Xijin, rédacteur en chef du Global Time, contrôlé par le gouvernement, Pékin pourrait également réduire ses commandes d’avions Boeing et les achats de produits agricoles made in US. L’avionneur américain a réagi en se disant "confiant" sur le fait que les négociations commerciales vont se poursuivre pour parvenir à un accord. Le constructeur traverse une mauvaise passe après deux tragédies impliquant son 737 MAX. Alors que les compagnies aériennes chinoises représentent le quart du carnet de commandes de Boeing, l’achat d’avions supplémentaires est au menu des négociations entre Washington et Pékin, selon des sources industrielles mentionnées par l’AFP. 

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Un tour de vis supplémentaire

Mais Washington n’entendait pas s’arrêter là. Une procédure d’augmentation des tarifs de 25% sur la totalité des produits chinois importés aux États-Unis devait également être lancée ce lundi.

L’administration Trump pousse ainsi au maximum la pression commerciale sur la Chine en espérant la contraindre à accepter ses exigences. Le conflit commercial a pour point de départ la volonté de la Maison-Blanche de réduire le déficit commercial des États-Unis avec la Chine – il s’élevait à 378 milliards de dollars en 2018 –, mais aussi la fin des transferts forcés de technologies pour les entreprises américaines implantées en Chine, la protection de la propriété intellectuelle, ou encore la fin des subventions allouées aux entreprises d’État chinoises.

Le succès de la stratégie américaine reste incertain. "La Chine ne cédera jamais à aucune pression extérieure. Nous avons la détermination et la capacité de défendre nos droits et intérêts légitimes", a indiqué lundi un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Pékin a également indiqué espérer que Washington retournerait "sur la bonne voie des consultations bilatérales". En fixant ses contre-mesures au 1er juin, la Chine se donne de la marge pour parvenir à un accord éventuel.

Les négociations devraient en tout cas se poursuivre à Pékin, a indiqué vendredi le vice-Premier ministre Liu He, négociateur chinois – sans avancer de date. Donald Trump et Xi Jinping devraient aussi se rencontrer en marge du sommet du G20, qui se tiendra les 28 et 29 juin à Osaka.

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