La classe moyenne étouffe, dit l'OCDE

Les classes moyennes accusent une baisse de leur pouvoir d'achat ©Photo News

Le rapport de l’OCDE pointe des revenus moyens qui ne suivent pas l’évolution des standards de vie de la classe moyenne. Un meilleur équilibre serait nécessaire pour la bonne santé économique et politique des Etats.

On la dit souvent oubliée, cette classe moyenne. Catégorie un peu fourre-tout, ni tout à fait riche, ni tout à fait pauvre, elle constitue la grande majorité de la population. La moyenne, pour les pays de l’OCDE, indique 61,5%. Chez nous, elle constitue 65% de l'ensemble des Belges. Niveau finances, l’OCDE indique qu’elle gagne entre 16.443 et 43.849 euros par an, soit entre 75% et 200% du revenu moyen belge.

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%
65% de l'ensemble des Belges font partie de la classe moyenne.

Pourtant, pour l’OCDE, cette classe moyenne étouffe et "beaucoup de familles courent le risque de tomber vers un revenu plus faible et un statut inférieur", lit-on dans le rapport. Car son revenu moyen n’a pas vraiment augmenté au fil des années. Dans les pays de l’organisation, ce revenu a globalement évolué 30% de moins que pour la classe supérieure. A l’inverse, le coût de la vie et les standards auxquels elle veut avoir accès sont, eux, toujours plus chers.

«Aujourd’hui, la classe moyenne ressemble à un bateau navigant dans des eaux rocheuses»
OCDE

Des exemples? Les frais hospitaliers, qui croissent avec la standardisation de technologies hors de prix. Autre facteur, la course aux diplômes. Les enfants étudient plus longtemps, mais cet investissement ne profite pas vraiment aux parents. En résulte une baisse du pouvoir d’achat général. Chez nous toujours, cette baisse se retrouve également dans la part toujours plus grande qu’occupe l’immobilier dans le budget des ménages. 

Trois critiques de la société

L’OCDE pointe trois ressentis majeurs de cette catégorie de la population.

  • Le premier concerne le système socio-économique qu’elle trouve injuste. En cause, une croissance mondiale dont elle peine à ressentir les effets, malgré son importante contribution. 
  • Autre point sensible, les perspectives d’avenir qui demeurent trop incertaines. Et la conjoncture actuelle ne va pas calmer les esprits, notamment avec un marché du travail en pleine transformation. Ici, le rapport pointe une spécificité belge. La classe moyenne n’aurait pas trop souffert de la polarisation du marché du travail entre des emplois très qualifiés et les peu qualifiés.
  • La troisième impression concerne le coût de la vie, toujours trop élevé. Un ménage sur cinq dépense plus qu'il ne gagne, relaye l'OCDE, et l'endettement concerne davantage cette catégorie de la population. 

Une balise sûre

Malgré un certain effacement dans le débat public, l’OCDE insiste sur le rôle prépondérant que joue cette classe moyenne dans la stabilité économique et politique.

En tant que plus grand participant aux financements de l’Etat et de ses structures (pour le cas belge, l’OCDE avance trois quarts du budget), la bonne santé de cette classe contribue au bon fonctionnement des organes de l’Etat.

Pour la Belgique, la situation présente une particularité: l’impression d’une redistribution peu équitable. Et le rapport de montrer la position particulière de notre pays, l’un des rares (avec le Danemark, l’Estonie et l’Irlande) où le contribuable moyen paye plus de taxes qu’il ne reçoit d’argent. Malgré ce rôle primordial, indique le rapport,la situation actuelle n’est pas favorable et le fait de se sentir de plus en plus pressé comme un citron conduit à la montée des populismes et des nationalismes. Qui conduit à un repli économique, à l’affaiblissement des Etats et à une mauvaise distribution des impôts. Une sorte de chaîne sans fin, qui accentue la perte de confiance et le sentiment d’être laissé de côté. 

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