analyse

La dégringolade de la livre turque contaminera-t-elle les marchés?

Des Turcs convertissent leurs livres dans un bureau de change stanbouliote. ©REUTERS

Les annonces de la banque centrale turque n'ont pas suffi à enrayer la chute de la livre.

Lundi, sur le marché des changes, la devise de la Turquie a de nouveau battu en retraite. En cours de séance, l’euro a franchi le seuil historique de 8 livres turques, tandis que le dollar a dépassé pour la toute première fois 7 livres. La monnaie turque a brièvement réduit ses pertes après l’annonce de la banque centrale du pays détaillant ses mesures destinées à rétablir la stabilité financière mais les forces à l’œuvre sur le marché des devises ont rapidement repris le dessus.

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L’indice représentatif de la Bourse d’Istanbul a perdu 2% en clôture ce lundi.

Les conséquences de cette perte de valeur de la livre – difficultés des entreprises à rembourser des dettes contractées en dollar, inflation, fuite des capitaux, etc. – alimentent la méfiance des investisseurs envers l’économie turque. Le taux d’intérêt auquel la Turquie peut emprunter via des obligations à deux ans a bondi de près d’un point de pourcentage, à 25,7%. Pour assurer un placement dans des obligations gouvernementales turques pendant cinq ans, il faut à présent débourser 5,4% du montant investi, contre un peu plus de 4% auparavant. Côté actions, l’indice représentatif de la Bourse d’Istanbul a perdu jusqu’à 6,85% en début d’après-midi, avant de limiter sa perte à environ 2% en clôture. Pour la finance turque, tous les signaux sont donc au rouge.

Reste à voir comment cette situation peut se propager à d’autres marchés. Certaines actions de banques européennes ont souffert à cause de leur exposition à l’économie turque. Le taux des obligations à dix ans de l’Italie est revenu à plus de 3% pour la première fois depuis plus de deux mois, parce que les investisseurs ont délaissé les titres plus risqués au profit de valeurs refuges comme les obligations allemandes. Enfin, sur les marchés d’actions, la crise turque est plutôt prétexte à des prises de bénéfices.

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