La guerre commerciale entre les Etats-Unis et l'Europe est lancée

©doc

Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a confirmé que les Etats-Unis allaient appliquer dès ce vendredi d'importants droits de douane sur l'acier et l'aluminium importés de l'Union européenne, du Mexique et du Canada. La Commission européenne répond et lance des contre-mesures ainsi qu'une procédure à l'OMC.

Les Etats-Unis ont mis leurs menaces à exécution et vont frapper les importations d'acier et d'aluminium depuis l'Europe, le Canada et le Mexique de droits de douane atteignant 25% pour l'acier et 10% pour l'aluminium.

Wilbur Ross, le secrétaire US au Commerce, a annoncé cette décision lors d'un briefing téléphonique avec des journalistes en soulignant que les droits de douane entreraient en vigueur ce 1er juin à minuit heure de Washington, soit ce vendredi à 6 heures, heure belge. Toutefois, les Américains ne ferment pas encore à double tour la porte de la concertation. "Nous sommes impatients de poursuivre les négociations, d'une part avec le Canada et le Mexique, d'autre part avec la Commission européenne, car il y a d'autres questions qui doivent être réglées", a ainsi précisé Wilbur Ross.

L'Europe riposte

Mais, le souhait américain de pousser plus loin la discussion va se confronter à une levée de boucliers de la part des Européens qui réclamaient une exemption permanente.

A la Commission, des contre-mesures sont prêtes à être envoyées de l'autre côté de l'Atlantique.

"Les États-Unis ne nous laissent maintenant pas d'autre choix que de procéder à un règlement des différends au sein de l'OMC et d'imposer des droits additionnels sur un certain nombre d'importations en provenance des États-Unis."
Jean-Claude Juncker
Président de la Commission européenne

De plus, Jean-Claude Juncker et son équipe vont lancer des procédures légales à l'Organisation mondiale du Commerce. "Ces tarifs américains unilatéraux sont injustifiés et contraires aux règles de l'Organisation mondiale du Commerce, c'est un protectionnisme pur et simple", a déploré le président de la Commission dans un communiqué. Il pointe aussi le problème de la surcapacité dans le secteur sidérurgique, "dont l'UE n'est pas la source". "Nous avons tout fait pour éviter ce dénouement", ajoute la commissaire au Commerce Cecilia Malmström, qui a mené plusieurs pourparlers avec les Etats-Unis ces derniers mois. 

Le Canada, de son côté, a riposté en imposant 16,6 milliards de dollars canadiens de taxes punitives.

Des progrès dans les négociations, mais ...

Cette décision fait suite à la volonté émise le 23 mars par le président Donald Trump d'imposer des tarifs douaniers plus forts sur les importations d'acier et d'aluminium. Il invoquait alors la section 232 du Trade Expansion Act de 1962, qui permet de restreindre les importations de bien-jugés préjudiciables à la sécurité nationale.

Une exemption avait été accordée aux trois zones commerciales concernées par la décision du jour. La dispense, visant à encourager des négociations commerciales sur d'autres dossiers, courait jusqu'à vendredi. Wilbur Ross a estimé, sans doute avec une pointe d'ironie, que les négociations commerciales avec l'Union européenne avaient progressé, mais pas assez pour justifier une prolongation des exemptions de droits de douane. Quant à la décision de ne plus exempter le Canada et le Mexique, elle a été prise car Washington a jugé que la renégociation de l'Alena (Accord de libre-échange nord-américain) traînait trop en longueur ...

Le gouvernement mexicain va aussi faire le choix des représailles commerciales. "Le Mexique imposera des mesures équivalentes sur divers produits" dont certains aciers, des fruits et des fromages, a indiqué le ministère de l'Economie, et celles-ci "seront en vigueur tant que le gouvernement américain n'éliminera pas les taxes imposées".
 

 

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect