La guerre commerciale est entrée dans une nouvelle ère

©REUTERS

Le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine prend de l'ampleur au fur et à mesure que les adversaires trouvent de nouvelles armes pour protéger leur propre économie ou freiner les affaires de l'autre.

Pendant plusieurs mois, les droits de douane ont été la principale arme dans la guerre commerciale sino-américaine, tout comme ils le sont dans le conflit qui oppose Américains et Européens... et d'autres parties aussi. Mais ils ne sont pas la seule arme et c'est dans le face à face Pékin-Washington que les outils de riposte se sont le plus diversifiés. Revenons donc sur ces principaux moyens de pression commerciale.

• La fiscalité

Cela avait commencé début mars 2018, avec l'annonce par Donald Trump de taxes de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur l'aluminium. Le but: réduire le déficit commercial américain. La mesure avait été suspendue pour plusieurs pays, mais pas pour la Chine. Pékin, piqué au vif, avait rapidement répliqué, menaçant de surtaxer 18 produits. Depuis lors, les deux pays ont renchéri et surenchéri...

La guerre était officiellement déclarée en juillet de l'an passé, lorsque les taxes américaines sur 34 milliards de dollars d'importations chinoises étaient effectivement appliquées. On n'en était plus au stade des mots et les deux pays ont depuis lors riposté plusieurs fois avec des taxes supplémentaires sur les importations.

Ce n'est pas fini puisque jeudi dernier encore, Donald Trump a relancé Pékin en annonçant son intention d'étendre des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations en provenance de Chine dès le 1er septembre.

• Le commerce

Ici, on se bat pour savoir si l'on achète ou pas les produits de l'adversaire, histoire de faire bouger le rapport d'équilibre de l'import-export.

Pour apaiser les tensions, Pékin a, en cours de négociations, ainsi proposé d'acheter davantage de biens américains, autorisant par exemple en décembre l'importation de riz américain. Mais ici aussi on s'avance puis on recule. L'agence officielle Chine nouvelle vient d'annoncer que les entreprises chinoises ont cessé d'acheter des produits agricoles américains

Donald Trump avait aussi ouvert un nouveau front en mai dernier, dans la technologie, un des points forts de l'économie asiatique. Il interdisait aux réseaux américains de télécommunications de se fournir en équipements auprès de sociétés étrangères jugées à risque. La mesure ciblait le géant chinois Huawei. Celui-ci est placé sur une liste d'entreprises auxquelles il est interdit de vendre des produits technologiques, sauf autorisation spéciale.

• La monnaie

La Chine laisse désormais filer sa monnaie. L'intérêt? Atténuer l'impact des sanctions douanières US. Un jeu dangereux parce que ce procédé risque aussi de freiner son économie, qui est déjà en perte de vitesse.

Les États-Unis crient au scandale et accusent officiellement Pékin de manipuler les taux de change. La Banque centrale chinoise nie.

Notons que Donald Trump aimerait faire de même: il voudrait que la Réserve fédérale américaine baisse encore ses taux (elle l'a fait mercredi dernier pour la première fois depuis 11 ans), ce qui ferait reculer le dollar. Mais la Fed demande au président de respecter son indépendance...

•  La rhétorique

L'effet d'annonce, c'est le terrain favori de Trump, qui ne se prive pas d'annoncer des mesures cruciales sans la moindre diplomatie en utilisant Twitter.

•  Le temps

Selon le président américain, la Chine ne ferait rien pour presser les débats, espérant un changement de président américain avec qui il serait plus facile de débattre...

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