La révolution "nano" se poursuit inexorablement

Dans les labos AMOS (Advanced Mechanical and Optical Systems) au Science Park de Liege

Cibles de nombreuses critiques ces dernières années, les nanotechnologies voient pourtant le champ de leurs applications s’étendre peu à peu.

La capacité de l’homme à manipuler de plus en plus aisément la matière à l’échelle du nanomètre — un milliardième de mètre — ne cesse en effet de déboucher sur la création de produits et de technologies innovantes, parfois même révolutionnaires. Après une première génération de nanomatériaux à l’utilité un peu anecdotique -textiles antitaches ou à imperméabilité renforcée, crèmes solaires très protectrices, vitres autonettoyantes- le champ d’application des nanotechnologies a commencé à s’étendre à de nouveaux domaines majeurs, comme l’industrie, la médecine et le bâtiment.

Lors d’une conférence organisée à Bruxelles conjointement par la Présidence belge de l’UE, Sirris et Agoria (industrie technologique belge) et la Commission européenne, certains acteurs ont pu faire état des nouvelles perspectives qui se profilent. On parle maintenant de nouveaux outils de diagnostic médical, de médicaments mieux ciblés, de matériaux à la fois plus solides, plus résistants et mieux déformables… Une liste de plus en plus fournie. "Les nanotechnologies peuvent fournir de nouvelles solutions à des problèmes existants", observe Nicolas Gouze, responsable de la plate-forme technologique européenne Nanomedecine, qui a rédigé un "document de vision" sur les nanotechnologies décrivant l’extrapolation des besoins jusqu’en 2020. Selon ce document, trois priorités doivent être ciblées: l’imagerie et les diagnostics, l’administration et la libération ciblées de médicaments, et la médecine régénératrice. Nicolas Gouze évoque ainsi "une nouvelle génération de capteurs implantables biocompatibles pour contrôler notre santé" ou des médicaments "qui aideront à vaincre les effets secondaires".

L’exemple de nanocyl

Une estimation revient régulièrement dans les milieux spécialisés: quoique le concept soit difficile à cerner précisément, les nanotechnologies pourraient représenter en 2015 un marché fluctuant entre 1.000 et… 3.000 milliards de dollars. Une entreprise wallonne est bien décidée à recevoir une petite part de ce gâteau: Nanocyl. Cette spin-off fondée en 2002 joue aujourd’hui dans la cour des grands. Elle peut s’enorgueillir de compter parmi les principaux acteurs mondiaux dans le domaine des nanotubes de carbone, des nano-éléments qui affichent des caractéristiques très prisées (légers, à la fois souples et résistants, ils ont une conductivité électrique et thermique élevée). "En plus de ses nanotubes de carbone, Nanocyl a aussi développé une gamme de nouveaux produits à haute valeur ajoutée contenant des nanotubes de carbone prédispersés" explique Alexandre Clerbaux, qui coordonne les programmes européens chez Nanocyl. Située à Sambreville, l’entreprise doit mettre en route fin septembre une nouvelle unité industrielle qui permettra de faire passer la production de 60 tonnes à 400 tonnes par an. Une production qui part en grande partie vers l’Asie et les USA.

Nanocyl et beaucoup d’autres exemples permettent de démontrer que l’Europe, et plus particulièrement l’Allemagne -deux tiers des brevets européens en la matière-, comptent quelques beaux fleurons. Toutefois, la compétition s’aiguise sérieusement avec l’Asie et les USA, dont les entreprises investissent beaucoup plus dans le "nano" que leurs consoeurs du Vieux Continent.

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