Le climat trop peu présent dans les plans de relance, dénonce l'AIE

Une centrale photovoltaïque à Haian, en Chine. ©AFP

Les gouvernements ne consacrent qu'un sixième de leurs plans de relance à la transition énergétique. Insuffisant, dénonce l'Agence internationale de l'Énergie

Les émissions de gaz à effet de serre devraient baisser de 7,6% par an tout au long de la décennie pour espérer respecter l'accord de Paris, ont estimé les Nations unies. Au lieu de ça, les émissions mondiales pourraient atteindre de nouveaux records en 2023, prédit, ce mardi, l'Agence internationale de l'Énergie (AIE).

16,5%
Sur 2.300 milliards de dollars d'investissements de relance, environ 380 milliards concernent la transition énergétique, soit 16,5%.

"Cela laisserait le monde loin de la trajectoire de zéro émission nette d'ici 2050", indique l'organisation intergouvernementale en présentant les résultats de son outil de suivi des plans de relance - le Sustainable Recovery Tracker. Sur l'ensemble des dépenses de relance consenties et prévues pour stabiliser et relancer l'économie depuis le début de la crise pandémique, 2% seulement sont allouées à des mesures d'énergie verte, évalue l'AIE.

Ce chiffre englobe mesures de soutien de court terme - essentiellement orientées vers les ménages, les entreprises et les soins de santé - et plans de relance. Au total, les gouvernements ont mobilisé 16.000 milliards de dollars (13.600 milliards d'euros) de soutien budgétaire en réaction à la pandémie.

Les plans de relance en tant que tels, qui visent selon un mot d'ordre largement relayé à "reconstruire en mieux", représentent environ 2.300 milliards de dollars. Or à ce jour, les gouvernements ont alloué environ 380 milliards de dollars à des "mesures d'énergies propres" dans le cadre de ces plans de relance - soit 16,5% de leurs investissements.

Répartition inégale de l'effort

En combinant dépenses publiques et effets de levier sur les opérateurs privés, l'AIE estime que les nouveaux investissements dans les mesures d'énergies propres augmenteraient de 350 milliards de dollars par an dans la période 2021-2023. Avec le Fonds monétaire international (FMI), elle avait défendu en juin 2020 un plan de relance consacrant globalement 1.000 milliards de dollars par an à la transition énergétique, pour créer des millions d'emplois et mettre le monde sur la voie des objectifs de l'Accord de Paris.

"Depuis que la crise du Covid-19 a éclaté, de nombreux gouvernements ont peut-être parlé de l'importance de reconstruire en mieux pour un avenir plus propre, mais beaucoup d'entre eux n'ont pas encore joint l'acte à la parole."
Fatih Birol
AIE, directeur exécutif

On est donc loin du compte. Et la répartition de l'effort est très inégale, constate encore l'agence: les moyens mobilisés par les économies avancées permettraient d'atteindre 60% des niveaux d'investissements verts recommandés par les deux institutions; ceux des pays émergents et en développement, 20%.

"Depuis que la crise de Covid-19 a éclaté, de nombreux gouvernements ont peut-être parlé de l'importance de reconstruire en mieux pour un avenir plus propre, mais beaucoup d'entre eux n'ont pas encore joint l'acte à la parole", constate Fatih Birol, le directeur exécutif de l'AIE, cité dans un communiqué.

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