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Le compromis de l'Opep, trop "vague" pour faire reculer les prix

©REUTERS

Signe du scepticisme des investisseurs, les cours du pétrole ont clôturé en hausse ce vendredi, dans la foulée de l'accord.

L'accord sur une hausse mondiale de la production, que l'Opep a validé ce samedi avec ses partenaires, est jugé trop "vague" et trop timide pour peser significativement sur les cours.

Souhaité par l'Arabie saoudite et la Russie, l'accord conclu ce vendredi a été marqué par les concessions faites à l'Iran, hostile à une augmentation trop marquée de la production.

"Les investisseurs espéraient une mesure plus agressive"
Pablo Shah
analyste chez CEBR

Signe du scepticisme des investisseurs, le pétrole a clôturé en hausse ce vendredi soir, le Brent européen bondissant de 2,50 dollars à 75,55 dollars à Londres. "Si l'objectif était de faire baisser les prix du brut, ce n'est pas une réussite", a fait remarquer Joe McMonigle, analyste chez Hedgeye.

Alors que les prix du brut ont plus que doublé en deux ans et que la demande augmente, Washington, Moscou et Riyad craignent une surchauffe du marché. La crainte des investisseurs est même de voir l'offre mondiale potentiellement reculer, alors que l'industrie vénézuélienne continue de s'effondrer et que Washington a dénoncé l'accord nucléaire avec l'Iran, soumettant Téhéran à de lourdes sanctions.

Le million invisible

"L'Arabie saoudite voulait répondre aux inquiétudes des clients, notamment des pays émergents, qui voyaient avec inquiétude grimper les prix", rappellent dans une note les analystes de Saxo Bank.

En pratique, les 14 membres de l'Organisation ont décidé, après des négociations tendues, de conserver l'objectif de limitation de la production du groupe, mais d'effacer les objectifs par pays. L'Arabie saoudite peut ainsi affirmer que l'offre mondiale augmentera puisque les pays pouvant augmenter leurs extractions compenseront les maux de leurs partenaires peinant à atteindre leurs quotas, comme le Venezuela. Riyad n'a pas hésité à évoquer une hausse d'"un million" de barils par jour, équivalant à environ 1% de la production mondiale.

"Les investisseurs espéraient une mesure plus agressive", avec une hausse chiffrée des objectifs de production, note Pablo Shah, analyste chez CEBR. Car le chiffre d'un milion de barils évoqué par le ministre saoudien du Pétrole, Khaled al-Faleh, est absent du texte final de l'Opep. Or les Saoudiens "avaient vraiment insisté sur ce chiffre d'un million de barils par jour, en en faisant la pub toute la semaine", rappelle M. McMonigle.

Depuis début 2017, l'Opep et ses 10 partenaires, soit 24 pays au total, représentant plus de la moitié de la production mondiale, limitent leurs extractions, une mesure qui a contribué à relancer les cours du brut. Mais la hausse du prix de l'essence inquiète dans les plus grandes économies, et le président américain Donald Trump a régulièrement critiqué l'Opep ces dernières semaines, l'accusant de ne pas agir. "J'espère que l'Opep va augmenter son débit de manière significative. Il faut garder les prix bas!" a encore tweeté M. Trump vendredi, au moment où l'Organisation publiait sa décision. "Juste avant les élections (de mi-mandat aux Etats-Unis en novembre), il est dans la pire situation possible. Il a baissé drastiquement les impôts, mais la mesure se perd complètement à la pompe" pour le consommateur américain, explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

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