Le FMI anticipe une croissance mondiale au plus bas depuis 2009

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Le commerce mondial va tomber en 2019 à son plus bas niveau en 7 ans, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI). La croissance mondiale devrait en pâtir et s'afficher à 3,00% en 2019, contre 3,2% précédemment anticipé.

Le FMI rabote à son tour ses prévisions de croissance pour l'économie mondiale, n'hésitant pas au passage à mettre la pression sur les grands décideurs de la planète en indiquant qu'"à 3% de croissance, il n'y a pas de place pour les erreurs politiques", comme l'explique Gita Gopinath, l'économiste en chef de l'institution international. Elle pointe particulièrement les tensions commerciales entre les deux plus grandes puissances mondiales pour justifier cette révision à la baisse. 

"Avec une croissance à 3%, il n'y a pas de place pour les erreurs politiques et il est nécessaire que les décideurs politiques agissent collectivement pour faire baisser les tensions commerciales et géopolitiques."
Gita Gopinath
économiste en chef du FMI

Le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine va ainsi ramener cette année la croissance de l'économie mondiale à son plus bas niveau depuis la crise financière de 2008-2009, soit 3,0% de croissance mondiale pour 2019, contre 3,2% prévu en juillet. 

636 milliards €
L'impact des droits de douane supplémentaires
Kristalina Georgieva, la nouvelle directrice du FMI estime l'impact de la montée des barrières douanières à 700 milliards de dollars (636 milliards d'euros) pour l'économie mondiale, l'équivalent du PIB d'un pays comme la Suisse.

 

Le Fonds monétaire international rapetisse sa prévision de croissance pour les Etats-Unis de 0,2 point à désormais 2,4% en 2019, notant que "l'incertitude liée au commerce a eu des effets négatifs sur l'investissement", même si l'emploi et la consommation US restent au rendez-vous et permettent  a commenté le FMI. "Mais l'emploi et la consommation restent robustes, également soutenus par des mesures de relance", note-t-il, ce qui permet à la première économie du monde de tirer pour le moment son épingle du jeu.  

Du côté de la deuxième économie mondiale, le PIB devrait  progresser de 6,1% cette année et de 5,8% l'an prochain. Les précédentes prévisions évoquaient une croissance en Chine de 6,2% et 6%. Le ralentissement est davantage prononcé pour Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine. Le PIB de la place financière ne devrait croître que de 0,3% cette année (contre 3% en 2018), après quatre mois de manifestations, parfois violentes, pour dénoncer la mainmise jugée grandissante de Pékin dans cette ex-colonie britannique.

L'Allemagne et l'Italie pèsent sur l'Europe 

Pour la zone euro, c'est principalement la situation en Allemagne, très affectée par les tensions commerciales et les déboires de son industrie automobile, qui a poussé le FMI à dégrader ses prévisions pour les 19 pays partageant la monnaie unique. Pour l'an prochain, le FMI s'attend à une croissance de 1,4% en zone euro après 1,2% en 2019. En juillet dernier, lors de ses dernières prévisions, il tablait encore sur une croissance de 1,6% en 2020 et 1,3% en 2019. Pour l'année en cours, en Italie, le PIB va même stagner et en Allemagne, il va croître d'un petit 0,5% (-0,2 point).  

Un réveil différé 

Se tournant vers l'avenir, le FMI anticipe un rebond de la croissance en 2020 à 3,4% grâce notamment en retour en force des économies brésilienne, mexicaine, russe, saoudienne et turque. La performance mondiale restera toutefois légèrement inférieure aux précédentes prévisions (-0,1 point). Et, "contrairement au ralentissement qui est synchronisé, cette reprise n'est pas générale et reste précaire", a mis en garde Gita Gopinath, notant que la panne risque de durer aux Etats-Unis, au Japon et en Chine. 

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