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Les écarts de vaccination fracturent l'économie mondiale

Un travailleur dans un centre commercial de Bangkok. La reprise se fait plus lente dans les pays émergents. ©EPA

Le FMI s'attend toujours à une croissance mondiale de 6% cette année, mais a revu ses prévisions : à la hausse dans les économies avancées, à la baisse dans les émergentes.

Au premier regard, les nouvelles prévisions économiques du Fonds monétaire international (FMI) ne semblent pas très différentes des précédentes : les as de la modélisation de l'institution tablent toujours sur une croissance mondiale de 6% cette année, identique à leurs prévisions d'avril. Mais qu'on ne s'y trompe pas, la forêt qui se cache derrière ce chiffre a changé - ici plus luxuriante, et là frappée par des coupes claires.

Fracture vaccinale

"L'accès aux vaccins a émergé comme la principale ligne de fracture le long de laquelle la reprise mondiale se divise en deux blocs."
FMI
World Economic Outlook

Depuis le dernier exercice de prévision du Fonds, "l'accès aux vaccins a émergé comme la principale ligne de fracture le long de laquelle la reprise mondiale se divise en deux blocs", souligne le Fonds. Dans les économies avancées, près de quatre personnes sur dix sont entièrement vaccinées, contre une sur dix dans le reste du monde. Pour le FMI, "l'action multilatérale a un rôle vital à jouer pour diminuer les divergences et renforcer les perspectives mondiales" en distribuant le vaccin de manière plus équitable à travers le monde.

D'un côté donc, ceux qui marchent vers un retour à la normale de l'activité - quasiment toutes les "économies avancées" peuvent l'espérer avant la fin de l'année. De l'autre, ceux qui vont continuer de voir le nombre d'infections et de victimes de la pandémie de covid grimper. Et ces écarts de reprise seront encore renforcés par les différences d'aides publiques mobilisées pour répondre à la crise.

+4,6%
Le FMI s'attend à une croissance de 4,6% cette année dans la zone euro, légèrement inférieure aux prévisions de la Commission européenne.

Ainsi les perspectives de croissance dans le monde en développement et les marchés émergents sont-elles revues à 6,3%, (en baisse de 0,4%). A contrario, les économies avancées gagnent des couleurs, avec une croissance attendue cette année à 5,6% - soit 0,5% de plus que dans les prévisions d'avril. La zone euro peut s'attendre à 4,6% de croissance cette année (le FMI est ici légèrement moins optimiste que la Commission européenne), tandis que le pays de l'Oncle Sam part pour 7%.

Un double risque

Mais cette reprise se construit sur du sable. D'abord parce que tant que le virus continue de circuler rapidement dans certaines régions, personne n'est à l'abri de nouvelles mutations du virus. Ensuite, parce que le Fonds s'inquiète des risques liés à l'augmentation des prix : si l'inflation elle reprenait plus rapidement qu'attendu, la réaction des banques centrales des économies avancées pourrait peser sur la reprise. Les conditions de financement des économies en développement se détérioreraient, avec elles leur redéploiement économique. Des craintes qui n'empêchent pas le FMI de rehausser ses prévisions de croissance, à 4,9% pour l'an prochain.

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