Les Etats-Unis seront exportateurs nets de pétrole dès 2021

La consommation de pétrole sera notamment dopée par le transport aérien ces prochaines années. ©AFP

Les Etats-Unis exporteront plus de pétrole que la Russie et ils talonneront l’Arabie saoudite d’ici 2024, prédit l’Agence internationale à l’énergie. Du côté de l’OPEP, les perspectives sont moins roses.

Les Etats-Unis vont devenir exportateurs nets de pétrole en 2021, prévoit l’Agence internationale à l’énergie (AIE) dans ses prévisions annuelles. D’ici 2024, ils auront dépassé la Russie et talonneront même l’Arabie saoudite avec des exportations brutes de 9 millions de baril de pétrole par jour (mbp/j), une véritable révolution sur le marché pétrolier mondial.

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A eux seuls, les Etats-Unis représenteront 70% de la hausse de production de pétrole qui sera observée les cinq prochaines années, estime l’AIE.

A eux seuls, les Etats-Unis représenteront 70% de la hausse de production mondiale de pétrole au cours des cinq prochaines années, et 75% de celle de gaz naturel liquéfié, un boom qu’ils doivent aux investissements massifs qu’ils ont réalisés dans la filière du pétrole et du gaz de schiste ces dernières années. "La deuxième vague de la révolution du schiste américain est en route", écrit Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE, dans le rapport publié hier. "Cela va bousculer les flux mondiaux d’échanges de pétrole et de gaz, ce qui aura des implications géopolitiques profondes", ajoute-t-il.

Le boom pétrolier américain va accroître la sécurité d’approvisionnement des gros consommateurs, notamment en Asie, souligne l’AIE. Des consommateurs qui verront d’autant plus de choix s’offrir à eux que l’agence s’attend également à une belle hausse de la production pétrolière du Brésil, du Canada, de la Norvège et de la Guyane qui, à l’image des Etats-Unis, ne sont pas membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Dans l’ensemble, les pays non-OPEP devraient voir leur production augmenter de 6,1 mbp/j d’ici 2024.

L’OPEP à la traîne

©REUTERS

Du côté des membres de l’OPEP, les perspectives sont moins roses alors que l’Iran est sous le coup de la reprise des sanctions américaines contre son secteur pétrolier et que le Vénézuela sombre chaque jour un peu plus dans la crise. L’OPEP, qui a limité sa production ces deux dernières années pour soutenir les cours pétroliers, devrait même voir ses capacités de production baisser de 400.000 barils de pétrole par jour d’ici 2024, estime l’AIE. Seuls l’Irak et les Emirats arabes unis devraient tirer leur épingle du jeu en affichant de réelles perspectives de croissance de leur production.

Du côté de la demande

L’AIE s’attend également à ce que la demande de pétrole continue à augmenter aux cours des prochaines années malgré une croissance mondiale en perte de vitesse et les progrès réalisés en matière d’efficacité énergétique. Mais cette demande devrait croître à un rythme plus lent, prévient-elle.

A elles seules, la Chine et l’Inde devraient compter pour 44% de la hausse de la demande mondiale d’ici 2024. Au niveau sectoriel, c’est du côté des industries pétrochimiques et de l’aviation que les plus fortes hausses seront enregistrées.

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