Les inquiétudes sur les droits humains ne freinent pas l'accord UE-Vietnam

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L’accord commercial entre l’Union et le Vietnam a obtenu une très large majorité en commission commerce du Parlement européen.

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam a été validé mardi par une large majorité de la commission du commerce du Parlement européen (INTA), mardi. L’accord, qui vise notamment à éliminer 99% des barrières tarifaires et ouvrir les marchés publics, a été plébiscité par vingt-neuf voix pour face à onze contre et abstentions. C’est un "signal positif en ces temps de protectionnisme et de tensions commerciales croissantes", s’est félicité le nationaliste flamand Geert Bourgeois, président de la commission.

Reste à voir si le vote en plénière ne sera pas davantage clivé. Car le mois dernier, les eurodéputés en charge des Affaires étrangères avaient déploré la "détérioration" de la situation au Vietnam et estimé que l’accord ne devait être approuvé "que si les autorités vietnamiennes libèrent leurs prisonniers politiques" – cette opinion avait, elle aussi, été adoptée par une écrasante majorité. "La situation est très délicate", concède aujourd’hui la chrétienne-démocrate luxembourgeoise Isabel Wiseler-Lima, auteure du texte. Elle espère des gestes de Hanoï en la matière avant le vote en plénière, qui sera un "moment de vérité".

Je viens d’arriver, et on veut déjà me faire ratifier cet accord. ça veut dire que le Parlement n’utilise pas assez son poids.
Saskia Bricmont
Députée européenne (Ecolo)

Pour l’écologiste belge Saskia Bricmont la situation au Vietnam exige un report de l’accord. "Je viens d’arriver, et on veut déjà me faire ratifier cet accord. ça veut dire que le Parlement n’utilise pas assez son poids pour que réellement l’instrument commercial serve de bras de levier pour exporter les valeurs de l’Union", dit-elle.Le Vietnam s’est bien engagé sur un calendrier d’adoption des normes sociales de l’Organisation internationale du travail (OIT), "mais tant que son code pénal n’est pas réformé, les règles OIT pourraient ne pas être respectées". Il faudrait donc à ses yeux reporter la ratification pour obtenir plus de garanties en matière de respect des droits humains.

"Différer est un jeu très dangereux, estime de son côté Isabel Wiseler-Lima. C’est ce qu’on a fait avec le Turkménistan. Résultat: il n’y a jamais eu de suites. Le risque, c’est de perdre une influence européenne absolument vitale dans cette région." Le sort de l’accord devrait être tranché en séance plénière le mois prochain.

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