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Les menaces qui pèsent sur l'économie américaine

©REUTERS

Le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell a expliqué mercredi que plusieurs risques pèsent sur la croissance économique américaine. Zoom sur les menaces qui pourraient sonner la fin de la récré et compliquer la vie de la Fed.

Début octobre, c’est un Jerome Powell particulièrement enthousiaste qui avait qualifié l’économie américaine d’"extraordinaire" lors d’un discours devant la NABE à Boston. Tout allait pour le mieux dans le meilleur de mondes avec une croissance économique forte, un taux de chômage au plus bas et une inflation sous contrôle. Mercredi, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a semblé un tantinet plus prudent alors qu’il s’exprimait dans les quartiers de la Réserve fédérale de Dallas. "La croissance pourrait ralentir. Cela pourrait intervenir dans l’année qui vient", a-t-il lâché.

Powell n’a cependant pas donné la moindre indication quant à un changement de cap dans les resserrements monétaires graduels appliqués par la Fed depuis fin 2015. C’est donc toujours une hausse du taux directeur de la Fed de 0,25% à une fourchette de 2,25 à 2,5% qui est prévue à l’issue de la prochaine réunion de son comité de politique monétaire, les 18 et 19 décembre, au grand dam du président Trump qui craint que cela ne finisse par peser sur l’économie américaine. Existe-t-il réellement un risque de ralentissement économique outre-Atlantique?

La croissance pourrait ralentir. Cela pourrait intervenir dans l'année qui vient.
Jerome Powell
Président de la Réserve fédérale américaine

Powell et d’autres économistes estiment que la croissance de l’économie américaine pourrait effectivement plafonner en 2019. Les plus pessimistes prédisent même une récession dès 2020. Pour l’instant, les chiffres sont bons. Très bons même. Le PIB américain a grimpé de 3,5% (en glissement annualisé) au troisième trimestre. A 3,7%, le taux de chômage américain est à son plus bas depuis 1969. Quant à l’inflation, calculée à partir de l’indice des dépenses personnelles des consommateurs (la référence de la Fed), elle s’est stabilisée à 2% (ce qui correspond à l’objectif de la Fed) ces derniers mois.

Les risques

Mais plusieurs risques pèsent sur l’économie américaine. Powell en a cité plusieurs mercredi, dont le ralentissement attendu de la croissance économique mondiale en 2019, un scénario sur lequel table également le Fonds monétaire international dans ses dernières prévisions datant du mois dernier. Le président de la Fed estime par ailleurs que l’impact positif des baisses d’impôts de 1.500 milliards de dollars que la Maison-Blanche était parvenue à arracher au Congrès en décembre 2017 devrait commencer à s’estomper. Même si le président Trump parvient à trouver un accord avec le Congrès (où les démocrates reprendront le contrôle de la Chambre des représentants en janvier) sur un vaste projet de modernisation des infrastructures américaines, il n’y aura sans doute pas de quoi compenser la fin de l’impact des baisses d’impôts.

Powell s’est également montré inquiet du taux d’endettement des entreprises qui avoisine actuellement les 50% du PIB américain. La situation pourrait devenir explosive si la Fed poursuit ses hausses de taux, ce qu’elle compte visiblement faire. Trois resserrements seraient en effet encore prévus en 2019. Un autre domaine où cela pourrait poser problème, c’est le marché immobilier, lui aussi cité par Powell comme risque potentiel pour l’économie américaine alors que le coût des emprunts hypothécaires est reparti à la hausse.

Puis, il y a les menaces de guerre commerciale que le président Trump fait peser sur les partenaires économiques des Etats-Unis, à commencer par la Chine. Pour l’instant, ce sont pas moins de 250 milliards de dollars de produits chinois qui sont touchés par des tarifs douaniers américains. A terme, Trump menace l’entièreté des exportations chinoises vers les Etats-Unis (il y en avait pour 506 milliards de dollars en 2017). Certaines entreprises américaines, dont des produits chinois touchés par les mesures entrent dans leur ligne de production, pourraient répercuter cette hausse de coûts dans leurs prix. Idem pour le prix de vente des produits chinois vendus dans la grande distribution.

Et c’est là que les regards se tournent vers l’inflation américaine, déjà mise sous pression par une situation de quasi-plein-emploi (abstraction faite de ces millions d’Américains sans emplois qui ne sont pas repris dans les statistiques officielles). Si les prix à la consommation devaient commencer à s’emballer, ce qui pourrait plaider en faveur d’une politique monétaire plus restrictive, l’équation deviendrait compliquée pour la Fed où certains commencent déjà à s’inquiéter du risque qu’à trop relever ses taux, elle ne finisse par tuer la croissance.

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