Nobel d'Economie: prévoir le cours d'une action à long terme

Les trois lauréats du Nobel d'Economie 2013. ©AFP ©AFP

Le prix Nobel d'économie a été attribué aux Américains Eugene Fama, Lars Peter Hansen et Robert Shiller "pour leurs analyses empiriques des prix des actifs".

Le Nobel d'Economie est décerné à Eugene Fama, Lars Peter Hansen et Robert Shiller pour leur "analyse empirique des prix des actifs".

"Les lauréats ont posé les bases de la compréhension actuelle des prix des actifs. Celle-ci repose en partie sur les fluctuations du risque et les attitudes envers le risque, et en partie sur les biais comportementaux et les frictions des marchés", souligne l'Académie royale des Sciences de Suède.

Leur théorie:

S'il est impossible de prédire le prix des actions et des obligations pour les prochains jours et semaines, grâce aux travaux de Fama, Hansen et Shiller "il est tout à fait possible de prévoir le cours général de ces prix sur de longues périodes comme les trois à cinq prochaines années", a relevé l'Académie.

En bref

Le prix d'une valeur de huit millions de couronnes (910.000 euros environ) clôt la saison des Nobel. Il a été institué en 1968 par la Banque centrale de Suède, et décerné pour la première fois en 1969. Les autres prix Nobel (médecine ou physiologie, physique, chimie, littérature et paix) ont tous été attribués pour la première fois en 1901.



Les lauréats ont posé les bases de la compréhension des prix des actifs.

• Fama, 74 ans, a dans les années 1960 démontré qu'il était illusoire de faire des prévisions à court terme sur les marchés financiers, changeant profondément les pratiques. Il est décrit par sa faculté, l'université de Chicago, comme "le père de finance moderne", ayant fait avancer la recherche qui prouverait l'hypothèse des marchés efficients. Son nom revenait régulièrement dans les listes d'oubliés du Nobel.

• Shiller, 67 ans, a découvert au début des années 1980 que de telles prédictions étaient plus faciles sur le plus long terme. Il est 'un des pionniers de la finance comportementale, qui estime que la rationalité des individus n'est pas systématique. Il a démontré que "les cours des actions fluctuent bien plus que les dividendes des entreprises et que le ratio des cours sur les dividendes a tendance à baisser quand il est élevé, et à augmenter quand il est faible", ce qui est transposable à d'autres catégories d'actifs financiers.
Robert Shiller est le plus connu des trois parmi le grand public. Il a conçu un indice sur les prix de l'immobilier aux Etats-Unis, appelé Case-Shiller, qui est publié chaque mois par l'agence d'évaluation financière Standard and Poor's. Cet indice a appuyé sa démonstration selon laquelle le secteur financier américain avait alimenté une bulle spéculative et risquait une catastrophe, qui s'est effectivement produite en 2007-2008 lors de la "crise des subprime".
Son livre "L'Exubérance irrationnelle" (2006), dont le titre reprenait une formule célèbre du président de la Fed Alan Greenspan, a été un grand succès de librairie.
Le krach immobilier et la crise financière mondiale qu'il a entraînée ont mis en lumière "des erreurs et imperfections dans notre système financier sur lesquelles nous travaillons déjà pour les corriger. Je pense qu'il faudra des décennies mais nous avons traversé des crises financières de nombreuses fois dans l'histoire et nous en avons généralement appris quelque chose", a-t-il dit, joint au téléphone par le jury.

• Hansen, 61 ans, de l'université de Chicago, a ensuite développé une méthode statistique pour tester les théories sur les prix des actifs. Il est le moins connu des trois lauréats de ce Nobel d'Economie 2013.

A savoir

L'Echo publie régulièrement, depuis de nombreuses années, les réflexions de Robert Shiller. N'hésitez pas à relire ses textes.

 

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