Nouvelles menaces sur le contrat canadien de CMI Defense

©cmigroupe.com

Le Canada cherche à annuler l'important contrat de vente d'armes à l'Arabie saoudite qui concerne également l’entreprise liégeoise CMI, a indiqué le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Le Canada cherche les moyens de ne pas honorer un important contrat de vente d'armes à l'Arabie saoudite qui concerne également l’entreprise liégeoise CMI, a annoncé dimanche le Premier ministre canadien Justin Trudeau, critiqué par l'opposition et les défenseurs des droits de l'Homme.

Le chef du gouvernement canadien avait jusqu'à présent estimé qu'il était "extrêmement difficile" d'annuler ce contrat de 9,9 milliards d'euros, signé par le précédent gouvernement conservateur, "sans devoir payer des pénalités exorbitantes".

"Nous étudions les permis d'exportation pour voir s'il est possible de ne plus exporter ces véhicules vers l'Arabie Saoudite", a indiqué le dirigeant libéral lors d'une interview à la chaîne CTV, sans autre explication. Les pénalités financières dépasseraient le milliard de dollars canadiens, avait-il indiqué précédemment. 

Cette commande, conclue en 2014, portait à l'origine sur 928 véhicules blindés légers, mais a été réduite à 742 en début d'année. Il s'agit de la plus importante vente d'armes canadiennes de l'histoire, qui doit être assurée par General Dynamics Land Systems.

La division Defense de CMI opère comme sous-traitant pour GDLS. Le contrat court sur dix ans et implique le transfert au Canada de tourelles (30mm et 105 mm) conçues par CMI, pour y être intégrées sur les blindés avant leur envoi vers l'Arabie saoudite. Après des phases d’ingénierie, de prototypage et de qualification, ce contrat est aujourd’hui "en phase de production et de livraison" indique-t-on chez CMI Défense sans plus de détails. Les tourelles et leurs armements sont construits sur les sites français et belges (Loncin et Aubange) du groupe. 

Ottawa avait exprimé dès 2017 des inquiétudes quant à l'éventuelle utilisation de ces blindés légers dans des opérations de répression en Arabie et au Yémen. L'incertitude autour des circonstances de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi a encore crispé un peu plus la situation.  Ryad avait annoncé en août l'expulsion de l'ambassadeur du Canada, rappelé le sien et gelé tout nouveau commerce ou investissement avec le Canada. 

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