Repli brutal du pétrole

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Après une période d'embellie, les cours du pétrole ont sérieusement inversé la tendance ce lundi à New York. En cause: des prises de bénéfices et des interrogations sur la solidité de la récente reprise des prix.

Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en novembre a chuté de 2,53 dollars, soit 5,10%, ce lundi à 47,10 dollars sur le Mercantile Exchange (Nymex) à Wall Street. "On assiste à la fois à des prises de bénéfices, après la hausse de la semaine précédente, et à des inquiétudes sur l'économie mondiale", a jugé Mike Lynch, de Strategic Energy & Economy Research. Au moment de la clôture du Nymex, le Brent cédait quant à lui 2,83 dollars (-5,38%) à 49,82 dollars.

Le marché avait rebondi nettement depuis le début du mois, après avoir chuté sous les 40 dollars le baril à New York pendant l'été, puis s'être stabilisé autour de 45 dollars en septembre. Le marché "est en train de perdre de l'élan", a commenté Gene McGillian, de Tradition Energy. "On pense que la production va baisser et la demande augmenter l'an prochain, mais pour le moment le marché reste sous le coup d'un déséquilibre de fond".

L'Opep veille au grain

Le niveau élevé de l'offre, que ce soit aux Etats-Unis, dans l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ou en Russie, a largement contribué à la chute des prix depuis un an. L'Opep a annoncé dans la journée s'attendre pour 2016 à une demande pour son pétrole bien supérieure à son estimation précédente, laissant entendre que sa stratégie de prix bas, en pénalisant le pétrole de schiste et d'autres concurrents, avait bel et bien réduit les excédents mondiaux.

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Selon des sources extérieures citées par le rapport de l'Opep, cette dernière a extrait 31,57 millions de barils par jours en septembre, soit 110.000 de plus qu'en août et près de deux millions de plus que sa prévision de demande pour son brut cette année. Les cours du pétrole ont été divisés par deux par rapport à un dernier pic de juin 2014 en raison d'une offre surabondante, alimentée notamment par les producteurs de pétrole de schiste, faisant face à une demande atone. Toutefois, plusieurs observateurs soulignent que l'Opep fait toujours état de prévisions élevées en ce qui concerne sa propre production en 2016, même si elle prévoit une baisse de l'offre hors du cartel.

"Les ministres du pétrole de l'Opep peuvent bien soutenir le sentiment du marché avec de bonnes paroles sur le fait que l'on ait touché le fond, de même que les investisseurs qui parient sur un rebond" , a estimé Tim Evans, de Citi. "Mais la perspective d'une nouvelle année de hausse des stocks, c'est un facteur de baisse persistant pour les cours".

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