portrait

Retour à l'école pour Gita Gopinath (FMI)

La chercheuse indo-américaine va quitter le Fonds monétaire international (FMI) pour retourner enseigner à Harvard. Mais elle restera dans les livres d'histoire en tant que première femme 'chief economist' du FMI.

Alors que ces dernières semaines, on aurait pu s’attendre à une démission de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, c’est l’économiste en chef qui a décidé de quitter l’institution. Gita Gopinath va retrouver son département économique de l'Université de Harvard au début 2022. Celle qui fêtera ses 50 ans en décembre avait rejoint le FMI au début 2019, devenant la première femme à y occuper le poste de chef économiste. Le Fonds a expliqué que l'université de Harvard avait prolongé d'un an son congé à titre exceptionnel, ce qui lui aura permis d'occuper le poste d'économiste en chef au FMI au final pendant trois ans. Des années qui auront été marquées par la crise du Covid-19. C’est d'ailleurs à Gopinath que l’on doit le terme "Great Lockdown" (Grand Confinement) pour définir cette crise, par référence à la "Grande Dépression" des années 30 ou la "Grande Récession" de 2008-2009.

Le départ de Gopinath ne serait pas lié, assure-t-on, aux remous enregistrés par le FMI ces dernières semaines. La directrice générale Kristalina Georgieva a été accusée d'avoir manipulé des données d’un rapport en faveur de la Chine quand elle était à la Banque mondiale. Certains avaient réclamé sa démission. Mais le conseil du FMI a finalement maintenu sa confiance en Georgieva. Cette dernière a salué le travail de son économiste en chef. "Nous avons tiré un énorme bénéfice de son intelligence aiguisée et de sa connaissance approfondie de la finance internationale et de la macroéconomie alors que nous traversons la pire crise depuis la Grande Dépression."

Gita Gopinath est notamment coauteur du rapport "Pandemic Paper" sur la façon de mettre fin à la pandémie en fixant des objectifs de vaccination à l'échelle mondiale. La semaine dernière, en présentant les perspectives économiques du FMI, elle avait indiqué que "la pandémie n'était terminée nulle part tant qu'elle n'était pas achevée partout".

Pragmatique

En tant qu'économiste, elle ne pense pas que son approche est différente parce qu'elle est une femme.

Gopinath est née et a grandi en Inde. Elle est ensuite partie aux États-Unis pour y terminer ses études avant d'acquérir la nationalité américaine.  En tant qu'économiste, elle ne pense pas que son approche est différente parce qu'elle est une femme. "Je réfléchis aux problèmes et aux solutions de la même façon que tout autre économiste." Elle est réputée pour son pragmatisme et porte une attention soutenue au développement de certains pays (elle a conseillé le ministre indien des Finances) et à la question des inégalités. En 2019, elle s'était distinguée lors du Forum de Davos. Questionnée sur le mouvement des gilets jaunes en France, elle avait insisté sur le danger d'escalade: "Les dirigeants politiques se doivent d'éviter un tel mécontentement."

Le FMI va désormais se mettre à la recherche d'un nouveau (ou une nouvelle) "chief economist". Gopinath va encore participer aux prévisions économiques du FMI en janvier. Puis, elle quittera Washington et retrouvera l'Université de Harvard et sa ville de Boston, où son mari et son fils sont restés.

Le profil

1971: naissance en Inde.

2001: Docteure en économie de l’Université de Princeton. Elle est aussi titulaire d'une maîtrise en économie de la Delhi School of Economics et de l'Université de Washington.

2001: Professeure assistante à la Booth School of Business de l’Université de Chicago.

2005: Entrée au département d'économie de l’Université de Harvard.

2019: Chef économiste du FMI.

2022: retour à Harvard.

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