Salaires japonais sommés de progresser

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Le gouvernement de Shinzo Abe fait pression depuis des mois sur les entreprises pour qu'elles fassent un geste en faveur des salariés. Les petites et moyennes entreprises ont, elles, tendance à être plus prudentes que les grandes firmes

Plusieurs grandes firmes japonaises ont annoncé mercredi qu'elles allaient augmenter les salaires de base pour la première fois depuis des années, au moment où le gouvernement fait pression en ce sens pour doper ses efforts de relance.

Les négociations salariales dites "de printemps" entre les directions des entreprises et leur syndicat-maison sont particulièrement suivies cette année au sein de la troisième puissance économique mondiale, car le sort de la politique économique du gouvernement de droite de Shinzo Abe pourrait largement en dépendre.

Les grandes entreprises sont attendues au tournant car nombre d'entre elles ont pu élever leurs profits grâce à la forte dépréciation du yen. Abe attend désormais qu'elles jouent le jeu en accordant des augmentations de rémunération, au moment où le pouvoir veut relancer l'inflation pour doper la machine économique.

L'une des firmes les plus emblématiques, le premier constructeur d'automobiles mondial Toyota, a annoncé qu'elle augmenterait de 2.700 yens (19 euros) les salaires mensuels (hors augmentations automatiques liées aux plans de carrière et à l'ancienneté). Ceci représente une hausse de 0,8% par rapport à l'année passée.

Son concurrent Nissan a accordé une hausse de 3.500 yens (25 euros).

Dans l'autre secteur stratégique de l'électronique, six grandes entreprises ont accordé des augmentations, dont Hitachi et Panasonic qui ont accepté d'élever les salaires de 2.000 yens chacun, la hausse la plus importante jamais accordée de leur part.

L'opérateur de supérette Lawson, présent dans tout le Japon, a accordé pour sa part sa première hausse depuis 12 ans.

Aucune donnée moyenne nationale n'était disponible dans l'immédiat auprès du patronat comme des syndicats, mais les économistes soulignent qu'en règle générale, les petites et moyennes entreprises ont tendance à être plus prudentes que les grandes firmes. Elles ont en outre souvent moins profité de la dépréciation du yen que leurs homologues de plus grande taille, aussi pourraient-elles être moins généreuses.

Des données plus globales devraient toutefois être diffusées dans les jours à venir.

Le gouvernement de M. Abe fait pression depuis des mois sur les entreprises pour qu'elles fassent un geste en faveur des salariés, car l'inflation a tendance à revenir dans l'archipel après une quinzaine d'années de déflation chronique. Cette évolution commence à grignoter le pouvoir d'achat des ménages, qui va souffrir de surcroît de la hausse de 3 points de la taxe sur la consommation le 1er avril.

Le pouvoir veut éviter une chute durable de la consommation qui ruinerait ses promesses de relance.

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