Sur le climat, le G7 n'aura fait que de petits pas

Emmanuel Macron, Boris Johnson et Angela Merkel au G7 de Carbis Bay, dimanche. ©Photo News

Les Sept veulent relever le niveau de transparence climatique des investissements et des entreprises, mais ne sont pas parvenus à s'accorder sur la fin du charbon.

Malgré les efforts de l'hôte britannique pour fixer une date de sortie de l'utilisation de charbon pour la production d'énergie, les vieilles économies industrialisées n'y sont pas parvenues. Le G7 qui se tenait ce week-end à Carbis Bay et qui signait le grand retour des États-Unis dans l'arène du multilatéralisme, n'aura pas réussi à annoncer de grandes mesures concrètes en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Mauvais augure pour la prochaine conférence climatique des Nations unies (COP26), qui se tiendra à Glasgow en novembre?

Au moins la réunion aura-t-elle permis quelques avancées. Ainsi, les Sept se sont-ils accordés pour mettre un terme, à partir de la fin de cette année, à tout soutien gouvernemental direct de projet international de production d'énergie au charbon. Pour la première fois, le G7 s'est aussi engagé à réduire collectivement de moitié ses émissions entre 2010 et 2030 – dans la foulée des engagements pris individuellement – et s'engage à accélérer la cadence pour "maintenir le seuil de réchauffement global de 1,5°C à portée de main".

Avant la réunion des leaders, leurs ministres des Finances avaient déjà marqué leur volonté de verdir le système financier, ce qui selon eux "aidera à mobiliser les milliers de milliards de dollars de financement du secteur privé nécessaires". Les Sept s'engagent aussi à inclure le changement climatique et les pertes de biodiversité dans la prise de décision financière et économique, y compris "l'utilisation optimale de l'éventail de leviers politiques pour fixer le prix du carbone". Et entendent contraindre la publication d'informations financières liées au climat de la part des entreprises.

Promesse à 100 milliards

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Pour éviter que les émissions des pays en voie de développement n'augmentent de 5 milliards de tonnes en 20 ans, il faudrait y faire passer les investissements verts de moins de 150 milliards de dollars l'an dernier à 1.000 milliards à partir de 2030, selon l'AIE.

Une clé de la réussite de la conférence climatique de Glasgow sera le financement de l'aide à la transition climatique à destination des pays en développement. Les Sept ont réaffirmé leur intention de se conformer à l'engagement fait il y a dix ans par les pays développés de mobiliser chaque année au moins 100 milliards de dollars de financements pour les pays du Sud. Mais seuls deux d'entre eux ont annoncé des promesses concrètes – le Canada et l'Allemagne.

Pour éviter que les émissions des pays en voie de développement n'augmentent de cinq milliards de tonnes en 20 ans, il faudrait y multiplier les investissements verts par sept, passant de moins de 150 milliards de dollars l'an dernier à 1.000 milliards à partir de 2030, estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

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