"Un hard Brexit mènera à l'implosion du Royaume-Uni"

©Dieter Telemans

Nouvelles élections, indépendance de l’Écossaise… Herman Van Rompuy, ancien président européen met en garde le gouvernement britannique contre un Brexit hard, sans accord avec l’UE.

Dans une interview donnée au quotidien The Observer, l'ancien Premier ministre belge et président du Conseil européen Herman Van Rompuy met en garde les Britanniques contre un Brexit dur. Un tel scénario menacerait, selon lui, directement le Royaume-Uni.

"Le scénario où il n’y aura pas d’accord (‘non-deal’ scénario ou hard Brexit, NDLR) n’est pas uniquement un problème pour Bruxelles. C’est une menace existentielle pour le Royaume-Uni", déclare Herman Van Rompuy.

Il se réfère en premier lieu à l'Ecosse, qui en 2016 a voté contre une Brexit à une large majorité (62%). Un Brexit " hard ", qui rencontre aujourd’hui l’adhésion de l’aile droite du Parti conservateur du Premier ministre Theresa May, pourrait selon Herman Van Rompuy inciter les nationalistes du Parti national écossais à organiser un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse.

De plus, souligne-t-il, même au parlement britannique, il n’y a pas de majorité pour approuver un tel scénario. Cela pourrait conduire, toujours selon lui, à la chute du gouvernement May à la publication de nouvelles élections et, par conséquent, " au report d’un Brexit ".

" Nous pourrions nous retrouver dans une situation où l'UE est plus unie et le Royaume-Uni moins ", selon Van Rompuy. "Ces discussions à propos d’un ‘non-deal’, c’est une nouvelle opération pour faire peur. C’est le genre de rhétorique nationaliste qui appartient à une autre époque."

" Irréalisables "

Plus de deux ans après le référendum britannique et quelques mois avant la conclusion d’un accord, les négociations entre Londres et Bruxelles restent extrêmement tendues.

Van Rompuy, comme l’a souvent souligné Michel Barnier négociateur en chef du côté européen, estime que les propositions de Theresa May sont " irréalisables ". Notamment l’incohérence de vouloir conserver une union douanière pour le commerce des marchandises, mais pas la libre circulation des services et des personnes.

" Il est plutôt difficile de faire la distinction entre biens et services. Nous vivons dans une nouvelle économie où les biens et les services se combinent pour les mêmes types de produits. Dire que nous aurons une union douanière, ou même aller plus loin avec un marché unique des biens et le séparer complètement d'un marché unique des services, Barnier l’a dit : ce n’est pas imaginable. "

"Le scénario où il n’y aura pas d’accord n’est pas uniquement un problème pour Bruxelles. C’est une menace existentielle pour le Royaume-Uni."
Herman Van Rompuy
Ancien président européen

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