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En Russie, des élections législatives bien peu démocratiques

L'opposition russe (dont l'emblème est Alexei Navalny, ici représenté par un street artist à Moscou) encourage les électeurs à se rendre aux urnes, l'un des derniers moyens de protester de manière pacifique. ©MAXPPP

Les électeurs russes sont appelés aux urnes du 17 au 19 septembre sur fond de répression brutale de l'opposition et de fraudes plus ou moins manifestes.

Candidats d'opposition hors système interdits de se présenter, emprisonnés ou contraints à l'exil, organisations de Navalny liquidées, médias indépendants désignés "agents de l'étranger"... Depuis des mois, le pouvoir russe fait preuve d'une répression brutale à l'égard de toute voix dissidente.

C'est dans ce contexte que les bureaux de vote s'ouvrent ce vendredi en Russie pour des élections législatives et locales, organisées sur trois jours. Objectif visé par le pouvoir: que son parti Russie unie - dont la popularité est au plus bas - conserve la majorité constitutionnelle à la Douma d'Etat (soit 2/3 des 450 sièges).

27%
cote de popularité de russie unie, le parti au pouvoir
En août, la cote de popularité de Russie unie est tombée au plus bas depuis 13 ans, selon un institut de sondage public.

Pour y parvenir, tous les moyens semblent bons y compris les plus farfelus et frauduleux: faux concurrents prenant le même nom - voire l'apparence physique - de vrais candidats; primes exceptionnelles distribuées avant le scrutin; pressions sur les fonctionnaires; réunions secrètes pour s'accorder sur la falsification des résultats...

La stratégie de l'opposition

Mercredi dans la soirée, énième épisode de la bataille que livre le pouvoir contre l'opposition: le service russe de surveillance des télécoms Roskomnadzor bloquait l'accès à Google Docs après que les équipes d'Alexeï Navalny aient diffusé leurs consignes de vote via cette plateforme, renouvelant leur appel au "vote intelligent". Cette stratégie, que les autorités tentent de contrer depuis des semaines, consiste à voter pour le candidat le mieux placé, quelle que soit son étiquette, pour battre le candidat de Russie unie.

"L'opposition n’appelle pas au boycott, mais à continuer la bataille pour un vote libre, honnête et pluraliste qui est l’un des derniers moyens, pour les Russes, de protester de manière pacifique."
Marie Mendras
Professeure à Sciences-Po et chercheure au CNRS

Si elle a fait ses preuves lors de précédents scrutins, cette stratégie peut-elle apporter des résultats avec une opposition interdite? "Bien entendu, elle ne peut pas donner de résultats significatifs, sauf dans quelques provinces qui 'élisent' leurs assemblées législatives. Les administrations électorales ont toutes les moyens de manipuler les votes, mais c'est la seule stratégie que peut adopter l'opposition démocratique empêchée", déclare à L'Echo Marie Mendras, professeure à Sciences-Po et chercheure au CNRS.

"Dans tout régime non démocratique, l'abstention est un encouragement au bourrage d'urnes. L'opposition n’appelle pas au boycott, mais à continuer la bataille pour un vote libre, honnête et pluraliste qui est l’un des derniers moyens, pour les Russes, de protester de manière pacifique."

Pour cette spécialiste de la politique russe, la stratégie de Navalny permet également à l'opposition d'envoyer un message fort aux électeurs. "Regardez, le pouvoir n'a plus de légitimité. Il doit réprimer, frauder, emprisonner pour obtenir l’unanimisme à la Douma d'Etat." Et de montrer que la répression ne la fait pas taire.

Les phrases clés

  • "Les dernières crises ont montré les limites du désengagement de la sphère publique."
  • "Nous avons des idées sur comment atteindre l'équilibre. Nous sommes d'ailleurs d'accord avec certaines propositions de Mme De Bleeker."
  • A moyen et long terme, ce sont les investissements dans les économies d'énergie qui offrent les meilleures perspectives.

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