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Erdogan revendique la victoire aux élections

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Le président Recep Tayyip Erdogan était en tête de l'élection présidentielle de dimanche en Turquie avec un score de 52,8% après le dépouillement de 95% des voix. Le parti d'opposition CHP affirme que l'élection est entachée de fraude.

Le chef d'Etat Recep Tayyip Erdogan revendiquait la victoire aux élections ce dimanche en Turquie. "Les résultats non officiels des élections sont clairs. Selon eux, notre nation m'a confié la responsabilité de président de la République", a déclaré M. Erdogan lors d'une déclaration à Istanbul, revendiquant également la majorité parlementaire pour l'alliance dominée par son parti, l'AKP (islamo-conservateur). "J'espère que personne n'essaiera de semer le doute sur les résultats et de nuire à la démocratie pour masquer son propre échec", a-t-il ajouté.

Le Parti démocratique du peuple (CHP), principale composante de l'opposition turque, jugeait cette déclaration prématurée, dans la mesure où le dépouillement n'est pas achevé dans les grandes villes. Selon le CHP, seulement 39% des voix ont été comptabilisées.

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Vers 22h15, Tayyip Erdogan était en tête de l'élection présidentielle avec un score de 52,8% après le dépouillement de 95% des voix selon la télévision turque TVS. M. Erdogan, qui a besoin de recueillir plus de 50% des voix pour éviter un second tour, devance son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince (CHP), qui récolte 30,,7% des voix, d'après ce décompte partiel.

Derrière MM. Erdogan et Ince figurent le candidat du HDP (pro-kurde) Selahattin Demirtas (8%), emprisonné depuis 2016, et la candidate nationaliste Meral Aksener (7%) ainsi que deux autres petits candidats.

Le comptage des voix pour le volet législatif du double scrutin était plus lent. La coalition formée par le parti de M. Erdogan, l'AKP, et le parti ultranationaliste MHP était en tête avec quelque 53,82% des voix. L'alliance de l'opposition, constituée du CHP (social-démocrate), de l'Iyi (nationaliste) et du Saadet (islamiste) était en deuxième position avec environ 34% des voix.

Le HDP, le parti pro-kurde, aurait dépassé 10% des voix, ce qui lui permettrait d'entrer au Parlement turc.

L'opposition parle de "manipulation" des résultats. Le candidat du CHP se déclarait prêt à contester les élections, sur base de soupçons de fraudes.  A Ankara, des camions remplis de sable étaient occupés à se masser devant la résidence présidentielle de Tayyip Erdogan, selon l'Agence Bloomberg.

Dérive autocratique

Ce scrutin est le premier au plan national depuis le référendum de 2017 par lesquels les Turcs ont, à une courte majorité, approuvé une révision de la Constitution qui renforce les pouvoirs du chef de l'Etat.

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Les sondages les plus récents prédisent qu'Erdogan ne devrait pas l'emporter dès ce premier tour de la présidentielle mais qu'il devrait être élu au second tour, qui se tiendra le 8 juillet. Depuis l'avènement en 2002 de son parti, l'AKP (islamo-conservateur), le président Erdogan s'est imposé comme le dirigeant turc le plus puissant après le fondateur de la République Mustafa Kemal, transformant le pays à coups de méga-projets d'infrastructures et de réformes sociétales libérant l'expression religieuse. Mais ses détracteurs accusent le "Reïs" âgé de 64 ans de dérive autocratique, en particulier depuis la tentative de putsch de juillet 2016 qui a été suivie d'une répression sans merci contre des opposants et des journalistes, qui a tendu les rapports entre Ankara et l'Occident.

Ce double scrutin présidentiel et législatif marquera en outre le passage du système parlementaire en vigueur à un régime hyper-présidentiel voulu par Erdogan, mais décrié par ses opposants.

Muharrem Ince, le rival pugnace

S'il pensait mettre toutes les chances de son côté en convoquant ces élections pendant l'état d'urgence et plus d'un an avant la date prévue, le président a été rattrapé par la dégradation de la situation économique et s'est heurté à un sursaut inattendu de l'opposition.

Muharrem Ince, le candidat du CHP ©AFP

Voyant dans ces élections leur dernière chance d'arrêter Erdogan dans sa quête d'un pouvoir incontestable, des partis aussi différents que le CHP (social-démocrate), l'Iyi (nationaliste) et le Saadet (islamiste) ont noué une alliance inédite pour le volet législatif des élections, avec l'appui du HDP (prokurde).

Le candidat du CHP à la présidentielle, Muharrem Ince, un député pugnace, s'est imposé comme le principal rival de Recep Tayyip Erdogan pour la présidentielle, électrisant plusieurs centaines de milliers de partisans lors de gigantesques rassemblements aux allures de démonstrations de force.

Tentatives de fraudes

Le CHP a dénoncé dimanche des tentatives de fraude. "De nombreuses plaintes nous sont parvenues", surtout de la province de Sanliurfa (sud-est), a déclaré le porte-parole du CHP (social-démocrate), Bülent Tezcan, lors d'une conférence de presse au siège de son parti à Ankara.

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"Nos amis sont intervenus au moment où c'est arrivé", a-t-il ajouté. Il a énuméré plusieurs exemples de tentatives de bourrage d'urnes, avec notamment une urne comptant déjà une centaine de bulletins de vote, tous pour l'alliance dominée par le parti au pouvoir AKP (islamo-conservateur), avant même l'ouverture des bureaux.

Craignant des fraudes, en particulier dans le sud-est à majorité kurde, opposants et ONG ont mobilisé plusieurs centaines de milliers d'observateurs pour surveiller les urnes.

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