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Fin de mandat compliquée pour Trump

©Photo News

Les Américains ont voté pour renouveler 33 sénateurs et désigner les 435 membres de la Chambre des représentants. Un référendum pour Donald Trump, qui perd le contrôle de la Chambre des représentants, compliquant ainsi la fin de son mandat.

C’est une soirée sous haute tension. Depuis 18h heure locale (minuit ici) et la fermeture des premiers bureaux de vote, les Américains regardent les résultats des midterms tomber les uns après les autres. Et c’est finalement le scénario envisagé ces dernières semaines qui risque de l'emporter : les démocrates conquièrent la Chambre des représentants, et les républicains conservent leur avantage au Sénat.

 

La Chambre devient bleue, le Sénat reste rouge

Les républicains disposaient d’une majorité confortable à la Chambre des représentants (235 contre 193) et ce depuis les élections de mi-mandat de 2010, mais finalement les démocrates se sont imposés et ont réussi l’exploit de ravir plus de 23 sièges aux républicains, le minimum nécessaire pour prendre le contrôle de la Chambre.

©Vadot

→ D'après les projections de NBC News, les démocrates vont obtenir 229 sièges contre 206 aux républicains à la Chambre des représentants, dont ils n'avaient plus le contrôle depuis huit ans.

La démocrate Jennifer Wexton l’a notamment emporté face à la sortante républicaine Barbara Comstock en Virginie avec 55% des votes. Une victoire d'autant plus significative que cet Etat était depuis 40 ans aux mains des Républicains. Et les démocrates peuvent se réjouir avec plusieurs grandes premières à la Chambre : Alexandria Ocasio-Cortez devient la plus jeune femme jamais élue (New York, démocrate), à 29 ans; Ilhan Omar (Minnesota, démocrate) et Rashida Tlaib (Michigan, démocrate) deviennent les premières femmes musulmanes élues; et Ayanna Pressley devient la première femme africaine-américaine à représenter le Massachusetts.

Du côté du Sénat, pas de surprise, le parti de la majorité conserve son avantage avec 51 sièges sur 100 pour les républicains. L’espoir des démocrates de remporter le Sénat était de toute façon assez mince avec 35 sièges en jeu, dont neuf sièges à défendre pour les républicains, contre 26 pour les démocrates, dont 10 dans des États remportés par Donald Trump en 2016.

Un référendum sur Donald Trump

L’enjeu était de taille pour le président américain, qui s’est personnellement investi dans la campagne, enchaînant chaque jour plusieurs apparitions publiques pour mobiliser ses troupes. Selon un sondage réalisé à la sortie des urnes par CNN, deux tiers des électeurs estimaient que ces élections étaient un référendum sur la personne de Donald Trump. Et le locataire de la Maison Blanche en était bien conscient, il s’est notamment appuyé sur son thème de prédilection: l’immigration - qui figurait en tête des préoccupations des électeurs pour les midterms au côté du système de santé - et le risque " d’invasion " que représente la caravane de migrants à quelques kilomètres de la frontière américaine, pour électriser sa base électorale. Mais les efforts n’auront pas suffi pour conserver une majorité républicaine au Congrès.

Quelles conséquences pour le président?

Si le président américain s'est félicité ce matin sur Twitter de ce qu'il a qualifié d'"immense victoire", avec une Chambre démocrate, ses initiatives législatives risquent pourtant d’être neutralisées et bloquées, notamment en matière de lutte contre l’immigration ou de réduction des impôts. Et l’enjeu ne se limite pas aux deux années restantes de son mandat, car les démocrates risquent également de transformer la Chambre en une plate-forme symbolique pour l’élection présidentielle de 2020, notamment sur le système de santé. Pour preuve, dans l'Ohio, le sortant démocrate Sherrod Brown, à peine réélu, paraissait déjà se positionner pour la primaire présidentielle démocrate.

Mais avec un Sénat républicain, les élus s’opposeront à toute initiative démocrate et Donald Trump pourra quand même poursuivre ses nominations (notamment de juges) et sa politique étrangère.

Concernant une éventuelle destitution du président - dont rêve bon nombre de démocrates - elle a très peu de chance d’aboutir, car les démocrates n’ont pas obtenu la majorité au Sénat et encore moins celle des deux tiers nécessaire pour une telle procédure. Pour conclure, ce scénario ressemble fort à celui qui s’était produit sous le mandat de Barack Obama entre 2010 et 2014, avec une paralysie quasi totale du pouvoir législatif.

Les autres élections et les scrutins locaux

Les élections législatives n’étaient pas les seules enjeux de ces midterms, puisque les Américains devaient aussi élire 36 gouverneurs d'État. Les républicains, qui dirigeaient 33 des 50 États, ont perdu au moins quatre sièges au profit des démocrates (dans le Michigan - un Etat gagné par Trump en 2016 - , l’Illinois, le Kansas et le Nouveau Mexique). Parmi les défaites les plus emblématiques, on peut citer celle de Kris Kobach, architecte du virage républicain sur l'immigration, proche de Trump, au poste de gouverneur du Kansas. Une autre façon pour les électeurs d’afficher leur opposition à Donald Trump et à sa politique, notamment anti-immigration.

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