Justin Trudeau en position délicate aux élections canadiennes

©EPA

Au coude-à-coude avec les conservateurs d’Andrew Scheer, menacé par la montée de petits partis, le Premier ministre libéral devra batailler ferme pour décrocher un deuxième mandat ce lundi 21 octobre. Tous les sondages prédisent qu’aucun parti n’obtiendra la majorité absolue.

Jamais une élection canadienne n’aura présenté des enjeux aussi peu lisibles. Les plateformes des candidats aux élections législatives de ce lundi manquent terriblement de consistance et d’originalité. Les libéraux de Justin Trudeau promettent de faire "mieux". Mieux que ce que le Premier ministre a fait pendant quatre ans.

Le programme du conservateur Andrew Scheer est encore plus flou, si ce n’est des promesses d’austérité et de baisse d’impôts pour les sociétés. Le néo-démocrate Jagmeet Singh, dont la plateforme électorale est construite sur des propositions sociales progressistes, a séduit les médias canadiens. Il pourrait malgré tout mener la gauche canadienne à sa perte, même si son parti connait une remontée dans les sondages à quelques jours des élections. Jagmeet Singh, d’origine sikh, s’oppose à la laïcité, ce qui lui coûte très cher dans les intentions de vote au Québec.

Pourquoi les promesses des candidats ne font-elles pas rêver? Parce que la situation économique du Canada est plutôt enviable en comparaison des autres pays du G7 et les Canadiens se satisfont de ce qu’ils ont.

Les défis sont pourtant importants: diminution des énergies fossiles dans un pays cancre de l’environnement, hausse du niveau de vie pour les retraités, pour les autochtones, pour les anciens combattants, trois catégories de la population canadienne toujours oubliées. Il faudra aussi que le futur locataire du 24 Sussex, la résidence des premiers ministres canadiens à Ottawa, réussisse à créer des emplois payants dans un pays où les "jobines" mal payées sont légions.

Dans un mouchoir de poche

Pour Justin Trudeau qui a incarné en 2015 la rupture avec un prédécesseur conservateur terne, le grand défi de ces prochains jours se résume peut-être à un slogan: "Make Canada great again". Dans une analyse très juste, le politologue Paul Wells écrit dans le magazine McLean’s: "les élections donnent parfois l’espoir d’un meilleur gouvernement ou à tout le moins une espérance réaliste (…) Cette année l’élection n’offre aucun espoir d’amélioration".

Les derniers sondages donnent libéraux et conservateurs dans un mouchoir de poche, dans tous les cas à moins de 35% des intentions de vote. La marge d’erreur rend tout pronostic quasi-impossible.

Dans un tel scénario, aucun des deux grands partis qui alternent au pouvoir depuis 1867 ne serait en mesure d’obtenir une majorité des 338 sièges en lice au Parlement fédéral. Le vainqueur devrait composer un gouvernement minoritaire.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect