Publicité
Publicité

L'Irlande du Nord s'accorde pour le maintien d'une gouvernance partagée

L'unioniste Paul Givan sera nommé, ce jeudi dans la journée, comme Premier ministre du gouvernement local. ©REUTERS

Unionistes et républicains sont parvenus à un accord pour maintenir une gouvernance partagée en Irlande du Nord, a annoncé, ce jeudi, le gouvernement britannique.

L'accord sur une gouvernance partagée en Irlande du Nord est intervenu, ce jeudi, peu après minuit. Il aura, en effet, fallu d'intenses discussions entre le DUP, attaché au maintien au sein du Royaume-Uni, et le Sinn Fein, favorable à une réunification avec l'Irlande, pour arriver à un tel dénouement. Cette nouvelle entente s'avère toutefois cruciale. Elle permet d'éviter une énième crise politique dans la province en proie à des tensions post-Brexit.

"Cela permettra au gouvernement de se concentrer à nouveau sur la réponse à apporter aux questions qui comptent vraiment pour les Nord-Irlandais, comme les soins de santé, le logement, l'éducation et l'emploi", a ainsi salué le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord, Brandon Lewis, qui a supervisé les discussions entre les deux partis.

C'est l'engagement du gouvernement britannique à légiférer, cet automne, pour protéger la langue irlandaise qui a permis de débloquer la situation.

Givan, nouveau Premier ministre

L'unioniste Paul Givan, 39 ans, un protestant fondamentaliste, sera nommé, ce jeudi dans la journée, comme Premier ministre du gouvernement local. Il avait auparavant été désigné par le nouveau chef du parti unioniste ultraconservateur DUP, Edwin Poots. Michelle O'Neill, 44 ans, du parti républicain Sinn Fein, occupera, de son côté, à nouveau le siège de vice-Première ministre.

C'est l'engagement du gouvernement britannique à légiférer, cet automne, pour protéger la langue irlandaise - si une législation en ce sens n'est pas adoptée d'ici là au niveau local - qui a permis de débloquer la situation. Le Sinn Fein avait fait de cette question un préalable à la poursuite d'une cohabitation avec les unionistes.

Gouvernance partagée

La crise découlait cette fois de la démission, comme Première ministre et cheffe du DUP, d'Arlene Foster face au vif mécontentement de son camp sur les conséquences du Brexit.

L'accord permet d'éloigner les craintes d'une nouvelle crise. L'Irlande du Nord avait, en effet, été paralysée durant trois ans, à la suite de la chute du gouvernement sur fond de scandale financier. Un accord conclu en janvier 2020 avait permis de rétablir les institutions politiques de la province.

Rappelons que le DUP et le Sinn Fein doivent se partager la gouvernance en vertu de l'accord de paix du Vendredi Saint de 1998. Ce dernier a mis un terme à trois décennies de "Troubles" sanglants entre républicains, majoritairement catholiques, et unionistes, surtout protestants.

La crise découlait cette fois de la démission, comme Première ministre et cheffe du DUP, d'Arlene Foster, 50 ans, face au vif mécontentement de son camp sur les conséquences du Brexit.

Émeutes

Des émeutes d'une violence sans précédent depuis des années avaient éclaté début avril.

Elle était vilipendée pour son impuissance face à l'instauration de contrôles douaniers pour les marchandises en provenance de Grande-Bretagne, négociée dans le cadre de l'accord de Brexit.

En perturbant les échanges, ces dispositions douanières appliquées à la province pour éviter le retour d'une frontière avec la République d'Irlande et préserver la paix ont suscité un regain de tensions en Irlande du Nord. Des émeutes d'une violence sans précédent depuis des années avaient éclaté début avril.

Elles sont au cœur d'un différend entre le gouvernement britannique et l'Union européenne. Dénonçant une approche "puriste" de l'Union européenne, Londres tente d'en avoir une application plus lâche, tandis que Bruxelles l'appelle à respecter les engagements négociés dans le cadre du Brexit.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés